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jeudi 9 juillet 2015

Les films cultes du cinéma français (2)



Vous avez dit culte? Alors continuons sans tarder notre petit tour de France des films cultes choisis exprès pour vous par un diabl@gueur déjà en vacances. À ce propos, vous pouvez faire comme Buffilm qui, dans le dernier billet, nous proposait gentiment un de ses films cultes des années 60 à savoir Belle de jour, ainsi nous pourrons tous découvrir des films qui nous étaient peut-être passés sous le nez. C'est le principal objectif de cette série d'articles sur les films cultes du cinéma français. Braquons cette fois-ci notre zoom sur les années 70, un décennie dorée pour les amateurs de films bizarres. Avant de lever le rideau, une petite remarque pour ceux qui comme Buffilm auront constaté des absences ou des oublis inexplicables et impardonnables dans le billet précédent. En effet, aucun film de Truffaut, Godard, Bresson, Malle et j'en passe et des meilleurs, pour la simple et bonne raison que dans l'esprit modeste du diabl@gueur, beaucoup de ces films-là dépassent le cadre restreint du film culte pour accéder avec tous les honneurs au pinacle des grands classiques ou des chefs d'oeuvre du cinéma français. C'est le genre de films que l'on retrouve immanquablement dans les listes des plus grands films de l'histoire où généralement les films cultes n'ont pas droit au chapitre comme les 24 films présentés aujourd'hui et dont vous pourrez voir les bandes annonces en cliquant sur les affiches ci-dessous.

Le Cercle rouge (1970)
Film policier de Jean-Pierre Melville avec Alain Delon, Bourvil, Gian Maria Volonté, Yves Montand, Paul Crauchet, François Perier.


Le billet précédent se terminait sur un film policier et celui-ci va commencer également avec un polar où l'on retrouve un autre trio de choc c'est-à-dire Delon, Montand et un immense Bourvil dans son dernier film et un de ses rares rôles dramatiques. Sans doute le meilleur polar français des années 70 (signé par un spécialiste du film noir) qui n'a rien envié aux meilleures productions américaines de l'époque.


Peau d'âne (1970)
Comédie musicale et fantastique de Jacques Demy avec Catherine Deneuve, Jacques Perrin, Jean Marais, Fernand Ledoux, Micheline Presle.

Commençons la série des films bizarres avec la 7ème réalisation de Jacques Demy qui mélange habilement le conte de fées et la comédie musicale. Inspiré d'un conte de Charles Perrault, Peau d'âne est la 1ère incursion de Demy dans l'univers du merveilleux et sera son plus grand succès au box-office mais pas son film le plus célèbre loin de là. On retrouve au générique la grande Catherine Deneuve, plus belle que jamais et vedette confirmée, un Jean Marais au sommet de sa carrière et bien sûr Michel Legrand à la baguette pour un film unique en son genre, fascinant, poétique et ... cultissime.


Le grand blond avec une chaussure noire (1972)
Comédie d'Yves Robert avec Pierre Richard, Bernard Blier, Jean Rochefort, Jean Carmet, Mireille Darc.


Il y aura un tas de comédies dans cette liste consacrée aux années 70 (14 en tout) et il y en aura deux d'Yves Robert, un réalisateur cher au diabl@geur. Voici un de ses plus grands succès, dans la droite ligne des Barbouzes et des Tontons flingueurs, cette hilarante histoire d'espions va confirmer l'irruption d'un nouveau comique français (Pierre Richard) qui marquera toute une époque et d'un scénariste talentueux (Francis Veber) qui fera aussi parler de lui. 


Le Viager (1972)
Comédie de Pierre Tchernia avec Michel Serrault, Claude Brasseur, Michel Galabru, Jean Carmet, Jean-Pierre Darras, Rosy Varte.


Monsieur Cinéma n'aura tourné que 5 films dans sa carrière et Le Viager sera sa plus belle réussite. On reconnaît rapidement la patte (et la plume) du grand René Goscinny dans ce film qui ressemble d'ailleurs à une bande dessinée dans sa structure (le montage est très original pour l'époque). Les dialogues, la mise en scène et le jeu des acteurs ne sont pas en reste, avec une mention spéciale pour le sublime Michel Serrault dans un de ses plus beaux rôles. 


Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil (1972)
Comédie de Jean Yanne avec Jean Yanne, Bernard Blier, Michel Serrault, Marina Vlady, Jacques François.


Ce film marque les débuts de l'ineffable Jean Yanne derrière la caméra. Son humour au vitriol et provocant fait mouche dans cette satire des médias. M. Yanne avait tout compris (et prévu) il y a plus de 40 ans dans cette comédie d'actualité totale devenue depuis culte et nécessaire.


La nuit américaine (1973)
Comédie dramatique de François Truffaut avec Jacqueline Bisset, Jean-Pierre Aumont, Jean-Pierre Léaud, Valentina Cortese, Nathalie Baye, Alexandra Stewart.


Le film le plus personnel et original du grand réalisateur François Truffaut est une véritable déclaration d'amour au cinéma. Ce n'est sans doute pas sa plus belle réalisation mais ce film dans le film se regarde avec un plaisir et un bonheur rares, porté par une mise en scène de maître et une merveilleuse troupe d'acteurs en état de grâce.


La planète sauvage (1973)
Film d'animation de René Laloux avec Jean Valmont, Jennifer Drake, Sylvie Lenoir.


Cette perle rare signée René Laloux prélude le renouveau du film d'animation français bien des années avant Grimault, Ocelot, Chomet ou Laguionie. Il s'agit d'un dessin animé de science-fiction poétique et envoûtant qui en étonnera plus d'un malgré ses 40 ans d'âge. Ce n'est pas un hasard si La planète sauvage reçut le prix du jury à Cannes cette année-là.


L'emmerdeur (1973)
Comédie d'Édouard Molinaro avec Lino Ventura, Jacques Brel, Caroline Cellier, Jean-Pierre Darras.


Dans cette nouvelle comédie écrite par Francis Veber, on retrouve un duo inattendu, Lino Ventura et Jacques Brel à qui reviendra le privilège d'incarner pour la 1ère fois ce personnage inventé par le scénariste et que nous retrouverons dans d'autres comédies à succès à savoir François Pignon. La confrontation entre le con suicidaire et le tueur à gages fonctionne parfaitement et sera le point de départ d'une longue série de duos comiques et antagonistes imaginés par M. Veber, autant de comédies cultes en perspective.


Le grand bazar (1973)
Comédie de Claude Zidi avec Michel Galabru, Michel Serrault, Gérard Rinaldi, Gérard Filippelli, Jean Sarrus, Luis Rego, Coluche, Roger Carel.


Dans le style grosse déconnade 100% française, voici les Charlots et leur meilleur film. Ces 4 hurluberlus ont fait fureur au cinéma pendant toutes les années 70, la plupart de leurs films sont des nanars absolus mais leur grand bazar mérite quand même le détour. On retrouve Claude Zidi à la barre pour une comédie déjantée et absurde sur un sujet qui préoccupait beaucoup à l'époque, le sort des petits commerçants face à l'essor des grandes surfaces. Burlesque et ... culte.


Le Magnifique (1973)
Comédie de Philippe de Broca avec Jean-Paul Belmondo, Jacqueline Bisset, Bruno Garcin, Jean Lefebvre.


On retrouve dans ce film trois grands du cinéma français (De Broca, Veber et Rappeneau), le résultat est un véritable feu d'artifice et un des meilleurs films du grand Bebel. Le scénario de Maître Veber est ingénieux et délirant dans cette énième parodie des films d'espionnage qui a merveilleusement vieilli. Cerise sur le gâteau, la superbe Jacqueline Bisset, plus belle que jamais. 


Les Aventures de Rabbi Jacob (1973)
Comédie de Gérard Oury avec Louis de Funès, Claude Giraud, Henri Guybet, Marcel Dalio, Popeck, Jacques François.


Les années 70 furent aussi fructueuses pour De Funès que les précédentes avec quelques gros succès comme ces aventures de Rabbi Jacob, son 4ème plus grand carton. C'est à nouveau Gérard Oury qui dirige cette comédie hilarante truffée de scènes et de répliques cultes. Une des premières comédies à toucher le thème du racisme ou de l'antisémitisme. À noter aussi la superbe musique de l'immense Vladimir Cosma.



Mais où est donc passé la 7ème compagnie... (1973)

Comédie de Robert Lamoureux avec Jean Lefebvre, Henri Guybet, Pierre Mondy et Aldo Maccione, Robert Dalban, Jacques Marin, Pierre Tornade.




Comme auparavant, la 2ème guerre mondiale a continué d'alimenter l'imaginaire du cinéma comique français dans les années 70 , prenez par exemple la trilogie de la 7ème compagnie, réalisée par un des pionniers de l'humour en France, l'irrésistible Robert Lamoureux. Mais où est donc passée la 7ème compagnie... est un merveilleux exercice d'autodérision avec comme décor la grande débâcle de l'armée française en 1940. Qui ne connaît pas en France la 7ème compagnie? Culte donc...


Les valseuses (1974)
Comédie dramatique de Bertrand Blier avec Jeanne Moreau, Brigitte Fossey, Isabelle Huppert, Miou-Miou, Gérard Depardieu, Patrick Dewaere.

Dans la décennie qui vit l'érotisme débarquer dans les salles obscures, on se souvient du choc que signifia Emmanuelle. La même année, un autre film va aussi frapper les esprits bien-pensants de l'époque (peut-être plus que le premier) à savoir Les valseuses, 2ème long-métrage de Bertrand Blier. Irrévérencieux, provocateur, anticonformiste et libertaire, ce road-movie à la française est peut-être le paradigme du film culte. On y découvrit trois jeunes acteurs qui feront beaucoup parler d'eux plus tard, Miou-Miou, Gérard Depardieu, et le regretté Patrick Dewaere.


Lacombe Lucien (1974)
Drame de Louis Malle avec Pierre Blaise, Aurore Clément, Thérèse Giehse, Holger Lowenadler, Jean Bousquet, Jean Rougerie, René Bouloc.


La filmographie du grand cinéaste Louis Malle regorge de films exceptionnels, celui-ci n'est peut-être pas apprécié à sa juste valeur. Il s'agit pourtant d'un des meilleurs films du cinéma français sur la période de la collaboration qui n'a pas été bien compris à sa sortie. Malle dirige très habilement une troupe d'acteurs parfaitement inconnus y compris le héros principal, un très prometteur Pierre Blaise, malheureusement décédé un an après ce film inquiétant, subtil et (pour l'auteur de ces mots) culte.



L'Horloger de Saint-Paul (1974)
Drame de Bertrand Tavernier  avec Philippe Noiret, Jean Rochefort, Jacques Denis.


Premier film du réalisateur Bertrand Tavernier (que le diabl@gueur apprécie particulièrement) et véritable coup de maître que cette remarquable adaptation d'un roman de Simenon. On y retrouve celui qui deviendra son acteur fétiche dans un des ses plus grands rôles, j'ai nommé l'énorme Philippe Noiret. Tavernier situe ce drame familial et policier dans son Lyon natal qu'il filme comme nul autre.



Vincent, François, Paul et les autres... (1974)
Comédie dramatique  de Claude Sautet avec Yves Montand, Michel Piccoli, Serge Reggiani, Gérard Depardieu, Marie Dubois, Stéphane Audran, Catherine Allegret.


Aucun autre cinéaste n'aura filmé la vie banale et quotidienne comme Claude Sautet, par exemple, dans son 7ème film au titre sympathique. Sautet y réunit un quator d'acteurs exceptionnel(s), accompagné de quelques actrices non négligeables pour une chronique sociale et touchante à travers le portrait d'une bande d'amis quadragénaires.



Le Sauvage (1975)
Comédie de Jean-Paul Rappeneau avec Yves Montand, Catherine Deneuve, Tony Roberts.


En 50 ans de carrière, le cinéaste Jean-Paul Rappeneau n'aura tourné que 7 films parmi lesquels Cyrano de Bergerac fut le plus grand succès. Pourtant son 3ème film, Le Sauvage, vaut aussi son pesant d'or, principalement grâce à un couple de comédiens (Deneuve-Montand) au sommet de leur art et à un scénario au rythme trépidant.


Le Jouet (1976)
Comédie de Francis Veber avec Pierre Richard, Fabrice Greco, Michel Bouquet, Daniel Ceccaldi, Michel Aumont, Gérard Jugnot, Jacques François.

Pour sa première réalisation, Francis Veber nous livre une comédie (évidemment) où nous retrouvons le personnage François Perrin (4 ans après Le grand blond avec ...), victime d'un enfant capricieux et d'un patron tyrannique. Voici peut-être le meilleur rôle du comédien Pierre Richard, merveilleusement soutenu par quelques excellents acteurs secondaires (surtout Jacques François et Michel Bouquet) dans cette satire intelligente du monde du pouvoir et de l'argent.



Les vécés étaient fermés de l'intérieur (1976)
Comédie policière de Patrice Leconte avec Coluche, Jean Rochefort, Roland Dubillard, Robert Berri, Robert Dalban.


Ce premier film méconnu et incompris de Patrice Leconte est tout bonnement un des films de chevet du diabl@gueur. Un film à ne pas mettre entre toutes les mains pourtant car son côté déjanté et absurde pourra choquer les âmes trop sensibles. Mais voilà il réunit quelques-unes des idoles de l'auteur de ces mots, Coluche bien sûr que l'on ne présentera plus, l'immense Gotlib, auteur de bande dessinée et co-auteur de cette histoire à dormir debout et enfin l'homme qui aura inspiré le nom de ce blog, l'ineffable Roland Dubillard.



Un éléphant ça trompe énormément (1976)
Comédie d'Yves Robert avec Jean Rochefort, Victor Lanoux, Claude Brasseur, Guy Bedos, Annie Duperey, Daniele Delorme.


Quatre ans après Le grand blond, Yves Robert renoue avec le succès grâce à cette histoire d'amitié entre 4 quadras qui est en quelque sorte la version comique du film de Sautet déjà traité quelques lignes plus haut. Le résultat est une des comédies françaises les plus attachantes de l'époque avec un Jean Rochefort irrésistible surtout dans ses interventions en voix off qui jalonnent tout le film. 



L'homme qui aimait les femmes (1977)
Comédie dramatique de François Truffaut avec Charles Denner, Geneviève Fontanel, Nathalie Baye, Leslie Caron, Brigitte Fossey, Nelly Borgeaud.

Après avoir rendu hommage au cinéma en 1973, c'est la femme que Truffaut célèbre dans son 19ème film, une délicieuse comédie dramatique-romantique. Le cinéaste offre à Charles Denner un rôle taillé sur mesure (sans doute son plus beau rôle) avec en prime la compagnie de quelques charmantes actrices de l'époque. Au final un film culte pour le blogueur admiratif que voici mais quel film de Truffaut n'est pas culte et bien plus que ça.



La Cage aux Folles (1978)
Comédie d'Édouard Molinaro avec Ugo Tognazzi, Michel Serrault, Michel Galabru, Claire Maurier, Rémi Laurent, Carmen Scarpitta, Benny Luke, Luisa Maneri.


Cette adaptation d'une pièce de théâtre de Jean Poiret se classerait sans doute haut la main parmi les 5 ou 6 comédies préférées des Français de tous les temps. La pièce ayant battu tous les records, le film est devenu tout naturellement la comédie culte par excellence avec un Michel Serrault au sommet de son art (comique). Les acteurs secondaires ne sont pas en reste même si, d'après les chanceux qui ont vu la pièce originale, Ugo Tognazzi dans le rôle de Renato est moins bon que Jean Poiret. Culte quand même.



Les Bronzés (1978)
Comédie de Patrice Leconte avec Marie-Anne Chazel, Christian Clavier, Josiane Balasko, Gérard Jugnot, Thierry Lhermitte, Michel Blanc, Martin Laporte, Dominique Lavanant.


Cette autre adaptation d'une pièce de théâtre (Amour, coquillages et crustacés) fut le premier succès de Patrice Leconte et devint avec le temps un classique de la comédie française. Ce fut aussi la première apparition au cinéma de la troupe du Splendid au complet, chacun de ses membres devenant par la suite des habitués (et même des vedettes) du grand écran de Balasko à Blanc en passant par Chazel, Clavier, Jugnot et Lhermitte. Que du beau monde!



Préparez vos mouchoirs (1978)
Comédie dramatique de Bertrand Blier avec Gérard Depardieu, Patrick Dewaere, Carole Laure, Michel Serrault, Michel Beaune, Sylvie Joly, Riton Liebman.


Si vous avez aimé Les valseuses, vous aimerez aussi Préparez vos mouchoirs dans lequel Bertrand Blier reprend le thème du triangle amoureux avec le même duo terrible Depardieu-Dewaere. Le film a fait moins de bruit que le premier mais à tout de même obtenu l'Oscar du meilleur film étranger en 1979. C'est pas volé!

2 commentaires:

  1. C’est grâce au jardin-cinoche de l’école des langues d’Avilés que l’auteur de ce blog arrose périodiquement que j’ai eu la chance de « re-culter » pas mal de films. J’y ai trouvé de très bons mais il se peut que des navets y poussent aussi, ça va de soi. Pour qu’il y ait des chefs d’œuvre il faut que les nanars existent aussi. Il n’y aurait pas de plaisir sans douleur, ni de beauté sans laideur.

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  2. Il n’y a pas de chardon dans ce bouquet-ci où le précédent. Je fais pleine confiance au critère du Jardinier. D’ailleurs, j’ai regardé 11 des films de cette sélection et ils m’ont tous plu. Je me suis pliée en deux avec plusieurs, notamment « Le viager », « Les aventures de Rabbi Jacob », mais surtout avec celui, où plutôt ceux, où Albin et Renato essaient (sans y parvenir) de se faire passer pour hétéros et que j’ai vu à plusieurs reprises et que reverrai un de ces quatre. Un incontournable quoi !

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