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jeudi 6 septembre 2012

Anne Roumanoff





Il fallait laisser une place aux dames dans cet été des comiques même si le paysage humoristique français (et d'ailleurs) est principalement dominé par les hommes. C'était bien pis à l'époque de Devos ou Raynaud où il fallait véritablement chercher sous les pierres pour trouver une comique. Depuis déjà belle lurette, les rigolotes professionnelles sont légion en France encore que l'on soit loin de la parité (si souvent ressassée) dans ce secteur d'activités bien restreint. Dirigeons aujourd'hui notre projecteur diablogueux sur la géniale Anne Roumanoff, une des comiques les plus populaires en France, tous sexes et races confondus. Après de brillantes études de sciences politiques, cette sympathique Parisienne décida de tenter sa chance sur les planches des cabarets et des théâtres et bien lui en prit car le succès fut rapidement au rendez-vous et puis on la préfère en clown qu'en députée-maire d'une circonscription quelconque. Comme pour son compère Bigard, la carrière de la pimpante Roumanoff décolla véritablement dans les années 90 et dans l'actualité on la retrouve toujours commodément installée sur les 1ères marches du podium des humoristes préférés des Français. Le diablogueur se fait un plaisir de vous présenter 3 sketchs de cette charmante quadra, un bon échantillon de son humour intelligent et sain. Alors santé ... et joyeuse rigolade!


Internet



Vous savez que ça y est, je suis rentrée dans le XXIème siècle, je suis connectée à internet. Je surfe, je navigue, enfin, pour l'instant, je rame. Ça a commencé quand j'ai acheté l'ordinateur.
- Monsieur, je voudrais un Mac parce que PC, ça veut dire "Plante Constamment".
- Mac ou PC, c'est pareil, madame. De toute façon, dans trois mois, votre matériel sera obsolète.
- Faut peut-être mieux que j'attende deux  trois mois?
- Ce sera pareil madame, avec l'informatique, tout va vite, tout va très très vite.
C'est vrai que ça va vite, en cinq minutes, j'ai dépensé 6990 francs.
En plus mon ordinateur, j'essaie de faire tout ce qu'il me dit mais lui il ne fait rien de ce que je veux. Déjà quand il me parle, je ne comprends rien
:
- Vous avez mal éteint l'ordinateur, nous allons le reconfigurer.
Qui ça "nous" ? Ils sont plusieurs là dedans ?
- L'application ayant servi à créer ce document est introuvable.
Attends, si lui, il la trouve pas, comment je la trouve moi ?
- Une erreur système est survenue inopinément.
Genre tu as une erreur système qui passait par là Je suis une erreur système, qu'est-ce que je vais faire? ... Tiens je vais survenir inopinément.
- Veuillez libérer de la mémoire.
Je ne demande pas mieux moi. "Mémoire, par ordre de sa majesté, je vous libère". Où elle est la touche mémoire ? Il n'y a pas de touche mémoire. Tu sais ce que ça veut dire PC? P'tit Con. Il est très poli, mon ordinateur, j'ai beau l'insulter, il continue de me vouvoyer. Poli mais mauvais caractère, des fois il se braque, il n'y a plus aucune touche qui marche ...
- Bad command, invalid response.
Quand il parle anglais, c'est qu'il est très énervé. Alors là, pour débloquer la situation, je le débranche et quand je le rallume, il m'engueule....
- Vous avez mal éteint l'ordinateur, nous allons le reconfigurer.
J’ai acheté une super imprimante sophistiquée. Mais alors manque de bol, j'ai jeté le driver d'installation avec le carton d'emballage. Le driver d'installation pour ceux qui ne savent pas, c'est la disquette que tu mets dans l'ordinateur pour lui dire qu'il est relié à une imprimante, sinon il n'est pas au courant. 7000 balles,  il n'est pas au courant. Franchement, tu branches une machine à laver le linge dans le mur, tu n'as pas besoin de lui dire au mur qu'il est relié à une machine à laver. J'appelle le dépannage. Pour les ordinateurs, ça s'appelle la hot line, 50 francs la minute.
- Vous avez demandé le service technique, ne quittez pas, toutes nos lignes sont saturées, veuillez patienter toute la journée.
Au bout de deux jours, j'arrive à joindre un être humain.
- Si vous êtes vraiment pressée, Madame, le plus simple c’est que vous téléchargiez directement le logiciel sur internet. Là, je me suis dit : "On est au XXIème siècle, courage, télécharge".
Sur Internet, il y avait une bombe avec marqué : "fatal system error".

- Allô, mon ordinateur est sur le point d'exploser.
Il y en a qui sont encore moins doués que moi en informatique. J'ai un copain, dans son bureau, on lui a demandé de sauvegarder une disquette, il l'a photocopiée puis il l'a mise dans un préservatif pour la protéger des virus. Lui quand il a vu une bombe dans l'ordinateur, il a coupé le disjoncteur de l'immeuble et il a appelé le SAMU. C'est formidable internet parce qu’il y a tout. Il y a tout. On ne sait pas ce qu'on y cherche et on trouve tout ce qu'on ne cherche pas. Sur Internet tu as les renseignements SNCF. Ça, c’est facile. C'est http/ ht/p … Le temps de taper l'adresse sans te gourer, tu as plus vite fait d'aller à la gare. Sur Internet, il y a les dialogues en ligne, tu peux discuter avec des gens du monde entier que tu ne connais pas et tu ne sais pas quoi leur dire. Sur Internet, on peut écouter la radio tout en payant le téléphone. Mais moi, ça me prend un temps fou d'être une internaute de la cyber planète pace que j'envoie des emails après je téléphone pour vérifier qu'ils sont bien arrivés.
- Comment ça, tu ne l'as pas reçu ? Attends, ton adresse c'est bien canard  point arobase ww ….  C’est canard arobase point …. Ok, ce qu’on va faire, c’est que tu vas raccrocher comme ça je vais te le renvoyer, ensuite je te rappelle pour te dire que je te l'ai envoyé, tu regardes si tu l'as reçu et tu me rappelles. Non, je ne t'envoie pas de fax, c'est plus rapide internet. On peut même faire des rencontres grâce au web. Moi, l’autre fois, il y a un copain, il me dit:
- Prouve-moi que c'est utile ton internet.
OK, je ne sais pas quoi faire ce weekend, alors je fais une recherche sur le mot weekend. Et ben il ya 6795 sites … à visiter. Ça va m'occuper une dizaine de weekends. C’est l’autoroute de l’information. Ouais, monsieur,  moi, si tu veux, sur l’autoroute de l’ouest,  je connais un site à visiter. C’est une petite auberge très sympa. Bon, puis là, il a sorti son disque dur, on s'est connecté et ça a fait bug.



La boum






Mais papa, qu'est-ce que tu fais là? Papa, il est neuf heures et quart, il y a les invités de ma fête qui vont arriver. Tu veux être sûr que tout va bien? Mais tout va bien, tout va bien... sauf que tu es là! Mais non papa, elle n'est pas trop courte, ma robe, c'est la mode sexy. Mais non, ça ne sent pas mauvais! C'est mon nouveau parfum: shampoing à la pomme, parfum à la vanille, savon à la fraise... Yves Rocher, Kookai et Body Shop... Mais ne t'inquiète pas, papa, ça va s'évaporer. On sonne … mais papa mais ne reste pas là. Oouah la honte!  Ça va, c'est Nathalie. On l'a échappée belle. Salut! Mon père, tu as trop de chance de le voir, il allait juste partir. Ce n'est pas grave, ce n'est pas de ma faute. Ça s'incruste! Bon, allez reviens dans 10 minutes.  Papa, tu as vu sa jupe à elle, elle est carrément euh ... On ne croirait même pas qu'elle a une jupe. Non mais je ne sais pas, papa, mais je veux dire, on dirait que tu ne me fais pas confiance. Mais je veux dire si toi, tu ne me fais pas confiance, qui va me faire confiance sur cette planète. Je veux dire, papa, je ne suis plus un bébé, j'ai 14 ans, je suis une adulte. Mais je ne sais pas combien on sera …. 60, 80 …. on verra bien … Mais non papa, ce n'est pas de l'alcool, c'est de la vodka-orange. Je sais: "S'il y a une tache sur la moquette, je nettoie tout de suite la moquette sinon je dois te rembourser la moquette avec l'argent de poche de la semaine que tu m'auras donné". Avec quoi je nettoie la moquette ??? Mais je ne sais pas, avec de la javel... Papa, il est 9 heures 20. Papa, je ne veux pas me mêler de ta vie de couple mais en ce moment, il y a maman qui t'attend pour dîner au resto. Mais papa, il ne faut pas faire attendre la femme qu'on aime. Tu préfères surveiller la fille que tu aimes? Mais pourquoi tant d'amour? Mais papa, mais dis-moi de quoi tu as peur ? De la drogue??? Mais, papa, mais la drogue, c'était à ton époque, maintenant, c'est juste le shit. Mais oui, il y aura des mecs ….. encore heureux! Je vais te dire, une fête sans mecs, je ne vois pas l'intérêt. Attends papa, tu n'as quand même pas peur que je couche avec un mec ce soir? Il est trop. Je vais te dire papa, même si j'en avais envie, avec les verres à laver, la moquette à nettoyer, les CD à mettre, je n'aurais vraiment pas le temps. Papa, il est 9 heures … Mais qu'est-ce que tu attends pour partir? Que je sois calmée ! Je vais te dire, je me calme en 3 secondes. Je suis calmée, je suis calmée, Je suis calmée. Papa, je voudrais vraiment qu’on ait des rapports d’adulte à adulte. Papa, c'est Jérôme, Marc et Nicolas! Mais quoi, qui c'est ? C'est les mecs les plus beaux du lycée, déjà c'est un miracle qu'ils soient venus. En plus, c'est des terminales. Papa, tu me jures, tu ne dis rien. Ouvre ta chemise. En plus, tu es trop vieux pour passer pour mon frère. Je n'ai vraiment pas de chance d'avoir un père plus vieux que moi. Ah! C'est vous! Salut! Jérôme, Marc, Nicolas, je vous présente Alex. C'est le nouveau mec de ma mère ... Non mais t'inquiète, il ne parle pas Français. C'est un réfugié politique belge. Ouais, c'est par là, j'arrive... Ils l'ont cru ! Mais papa, ne sois pas fâché. Mais Alex, ça rend quand même mieux que Bernard! Mais papa, ne pars pas en colère. Eh papa, papa, je t'aime! Il est parti. Ouah! Ouah! Ouah!


Les vraies différences homme-femme 



La vraie différence dans la vie, ce n’est pas entre les blondes et les brunes, c’est entre les hommes et les femmes. Enfin plus exactement entre le regard que l’on porte sur les hommes et le regard qu’on porte sur les femmes. Dès qu’on élève un peu le débat, vous avez du mal. C’est les mêmes qui vont venir me dire tout à l’heure, je ne comprends pas bien le sketch de la blonde. C’est du premier ou du troisième degré. Cherchez ! C’est vrai que souvent les femmes sont beaucoup plus susceptibles que les hommes. Ben, je lui ai dit que tu m’avais dit ce qu’elle t’avait dit. Alors elle, elle a dit : « Je n’ai jamais dit ça mais je peux te dire que si je l’avais dit, je te le dirais ! Mais moi comme je le lui ai dit, même si tu ne l’as pas dit, il faut quand même dire que ça, ce n’est pas des choses à dire. Qu’est-ce que tu en dis ? » Mais les hommes, eux, ne s’aperçoivent même pas quand ils nous vexent.
- Arrête avec tes brocolis vapeur ! J’ai faim.
- Attends, ma puce, mais ça suffit avec tes régimes mais moi, je t’aime comme tu es. Tu n’as pas une autre jupe pour sortir !
Non, mais il y a les petites différences entre les hommes et les femmes. Par exemple :
- Une femme enrobée : « Elle se laisse aller ! »
- Un homme qui a du ventre : « C’est un bon vivant ! »
Il y a des petites différences.
- Une femme qui aime le bon vin : « Elle boit ! »
- Un homme qui a bu : « Il a pissé dans le lavabo, on a rigolé ! »
L’homme peut rentrer chez lui tard dans la nuit, fleurant bon le vin et la bière.
- Attends ! Où j’étais? Où j’étais? J’étais avec des copains. Je me suis détendu.
Imaginez que nous, on rentre à 3 heures du matin en disant : « J’étais avec des copains. Je me suis détendue ! » Il y a des petites différences. La femme veut toujours changer l’homme. L’homme veut toujours changer de femmes.
- Une femme qui fait la cuisine : « C’est son boulot ! »
- Un homme qui cuisine un plat : « C’est un héros ! »
- Un homme qui saute sur tout ce qui bouge : « C’est un Don Juan ! »
- Une femme qui bouge sur tout ce qui saute : « C’est une gourmande ! »
C’est pour ça que concernant les choses du sexe, les femmes sont beaucoup plus discrètes. Par exemple, une femme dira : « Il est beau, j’aimerais qu’il m’invite à dîner ! »  L’homme dira : « Elle est bonne, j’aimerais la tirer ! » … et il nous invite à dîner. Ensuite la femme dira : « Ouais, il a dormi chez moi ! »  L’homme : « On a baisé toute la nuit ! »  La femme : « Ben, lui au lit, si tu veux, c’est un peu le fast-food. Beaucoup d’attente, servi tout ramolli, tu as encore faim après. » La femme a un grand avantage sur l’homme dans le sexe, c’est qu’elle peut simuler. Démonstration : « Ooooaaaaah ! Ooooaaaaah ! » ou plus sobrement « Ummh !Ummh ! Ummh ! Ummh !»  Je suis sûre qu’il y a des hommes qui pensent : « Oh ! Attends ! Simulez avec moi ? Chez moi, c’est la Ligue des champions tous les soirs ! Prolongations et tirs au but ! » Mais toutes les femmes en ont rajouté au moins une fois dans leur vie. On leur montre …  Attendez, ce n’est pas parce qu’il y a un petit peu de monde que ça doit vous gêner. Non mais je ne parle pas de ce que vous vivez actuellement mais de ce que vous avez pu connaître dans des vies antérieures. Mes amies les femmes, montrez ce dont vous êtes capables, on va faire juste l’orgasme de base. Ah !  Allons-y ! AH !  On va peut-être s’arrêter là. Coït interrompu ! Celui qui est sorti trois secondes, dira : « J’ai raté quelque chose ? » C’est vrai que les hommes en général font plutôt : « Ouaaarrrh » et après  « Rrrr ! Rrrrr ! Rrrrr ! »  Et c’est là où la femme demande : « Tu m’aimes ? »  Alors ce soir, messieurs, je propose de vous entraîner à dire ces trois mots qui ont tellement de mal à sortir spontanément. « Je t’aime. »  « Je t’aime. »  C’est comme dans la vie, on ne vous demande pas de le penser vraiment. On vous demande de nous le dire souvent. On va essayer de le faire avec de la sensualité, avec du feeling. Chuchotez, par exemple. Mes amis les hommes, montrez ce dont vous êtes capables ….. (Chuchotements) ….. Et maintenant, mesdames, les petits sons que nous avons étudiés tout à l’heure.  « Aaaaaaaaah ! » Voyez, messieurs, il ne faut pas grand-chose pour nous faire plaisir.

Et en bonus, un 4ème sketch avec exercice de CO, gracieuseté de Mme Nelabouk le Poing.
http://www.flevideo.com/fle_video_quiz_beginning.php?id=3031

mardi 28 août 2012

Jean-Marie Bigard

 


Passons dans notre cher été des comiques du facile au plus difficile, du gentil au plus méchant, des années 60 aux années 90 à savoir de Fernand Raynaud à Jean-Marie Bigard, deux hommes aux personnalités bien distinctes mais qui ont régné chacun sur leurs décennies. La carrière de Bigard démarre véritablement en 1988 et sa verve comique ne s'est plus tue depuis. Ainsi ses spectacles se sont succédé récoltant immanquablement un succès énorme et battant des records d'affluence comme, par exemple, Bigard met le paquet réunissant 13.000 spectateurs à la dernière à Bercy ou encore Des animaux et des hommes avec son apogée final en juin 2004 devant 52.000 spectateurs au Stade de France. Une prouesse habituellement réservée aux vedettes du sport ou de la chanson mais Bigard est un comique à part. À part et aussi polémique puisque certains de ses sketchs ou interventions publiques ont parfois provoqué la controverse à tel point que le brave Bigard a été souvent taxé de "grande gueule", grossière et vulgaire et même carrément de facho. C'est souvent le prix à payer quand on ne suit pas les chemins du politiquement correct. Quoi qu'il en soit, le diablogueur vous propose deux de ses sketchs les plus célèbres qui sont aussi parmi les plus suaves et faciles de sa carrière. Joyeuse rigolade avec le texte en prime. 
 
 
La chauve-souris
 



J'ai entendu à la radio ce matin. On a une chance sur dix millions de se faire mordre par une chauve-souris enragée. Il faut quand même savoir qu'il y a un gars qui s'est cassé le cul pendant des mois et des mois, avec du matériel et tout, pour arriver à la conclusion suivante. On a une chance sur dix millions de se faire mordre par une chauve-souris enragée. Ben oui parce que, moi, je ne suis pas curieux mais je voudrais quand même bien savoir comment il a fait, le gars, pour déterminer qu'on avait tous, en moyenne, une chance sur dix millions de se faire mordre. Ben oui, parce que ... admettons que le gars soit très copain avec une bande de chauves-souris enragées. Il les connaît depuis longtemps, il les a déjà dépannées quand elles étaient dans la merde et tu vois, elles lui doivent tout, elles ne lui cachent rien ... Mais bon ... Moi je dis que c'est un peu facile de foutre les jetons à tout le monde avec finalement la seule chance qu'on a de se faire mordre, en occultant volontairement, excusez-moi du peu, les 9.999.999 autres chances qu'on a de ne pas se faire mordre. Donc, de ne pas mourir dans d'atroces souffrances... Ben oui, parce que, moi, tu vois, j'habite dans le dixième. Bon, déjà, le dixième, c'est un quartier question chauve-souris qui est assez tranquille, il faut le reconnaître ... Si, si, si, c'est tranquille. En plus, j'habite au cinquième sans ascenseur, je vais te dire, j'ai un code à la porte en bas et un interphone. Alors, je vais te dire, la chauve-souris, elle peut toujours se pointer, tu vois! Bon, mais admettons ... arrive une chauve-souris ... enragée! Elle est là, elle bave. "Argglbrrll...!" Hop !!! Elle se met à trifouiller mon code. Elle est là, elle trifouille. Elle cherche, elle cherche. Si, si, monsieur, quand elles sont enragées, elles cherchent quand même! Elle est là, elle cherche, elle cherche ... Pan !!! Elle tombe sur mon code! Il faut encore qu'elle imite la voix d'un gars que je connais. Sinon, je n'ouvre pas, moi! Bon ... J'étais un petit peu bourré la veille, je n'ai pas bien dormi, ce n'est pas ça la question. J'ouvre! Il faut qu'elle pousse la porte ...  Dis donc, c'est grand comme ça, une chauve-souris ... Bon mais admettons, elle arrive à pousser la porte. Ben, vous n'allez quand même pas me dire qu'elle va monter les cinq étages à pied, comme ça sans se faire repérer par quelqu'un. Non, je n'y crois pas, je n'y crois pas! Honnêtement, je n'y crois pas! ... Bon ! Elle arrive sur le palier. Qu'est-ce qui prouve qu'elle va frapper à MA porte? Il y a quatre appartements sur le palier ... Bon! Elle frappe à ma porte. Bon, je n'ai pas de pot jusqu'à maintenant, hein? Parce que là, manifestement, c'est moi qu'elle veut mordre. Ben là, elle me choisit dans l'immeuble, elle ne veut plus mordre personne d'autre: c'est moi!!! Bon! Je vais jusqu'au bout, j'ouvre! Qu'est-ce qui prouve qu'elle va me sauter tout de suite à la gorge pour me mordre? Dis donc? Elle n'est pas un petit peu fatiguée, cette chauve-souris, depuis tout ce qu'elle a fait tout à l'heure? Elle a peut-être soif? Bon, ben, moi, je l'installe dans la banquette. Je fais mine d'aller chercher un verre d'eau dans la cuisine. Qu'est-ce qui m'empêche de revenir avec un fusil? Ben, alors, parce qu'elle ne se méfie pas ... C'est quand même qu'une bête, hein! Alors je lui tire dessus, même si je la loupe, eh ben, elle a peur, et puis elle s'envole par la fenêtre. Alors, qu'il arrête l'autre avec ses chauves-souris, là. En plus, il est dangereux ce mec là, hein? Imagine que j'ai un copain qui vient chez moi déguisé en chauve-souris pour me faire rigoler. Eh ben, je lui tire dessus!!! Parfaitement!!! J'ai des copains qui viennent chez moi déguisés en chauve-souris ... pour me faire rigoler. Alors qu'il arrête l'autre, là avec ses chauves-souris, hein...
J'ai PEUR des chauves-souris!!!
 
 
 
Les expressions
 



Nous, on se souhaite "bon appétit". C'est vrai, nous, on a à manger dans l'assiette. Si on est venu à table, c'est sûrement parce qu'on avait faim et alors il reste une vieille angoisse qui plane sur nos tables à nous, c'est : "Est-ce qu'on va avoir de l'appétit?" Ça, ça nous fout les jetons! Alors on s'encourage les uns les autres : "Allez, bon appétit !" On y croit, on se bat! On ne va pas se laisser emmerder par une blanquette de veau, tu vois. Parce que, d'accord, on a eu de l'appétit ce matin, on en a eu à midi mais ce soir ... on n'est pas à l'abri ! Ça, on fouette avec l'appétit. C'est marrant, ça, les expressions. Il y en a plein d'autres d'ailleurs, je vous en donne une paire. Vous vous pointez au resto avec un copain, par exemple. Vous arrivez, le garçon, il vient vous accueillir. Il dit : "C'est pour dîner ? " Non, c'est pour faire un tennis, connard! Vous avez des cours de libres, non ? Non, ben alors on va dîner à ce moment-là. Après il insiste, il dit: "Deux couverts?" Non, mon pote, il va manger avec ses doigts et puis je lui passerai la fourchette de temps en temps, connard! Attention, attention, des fois, c'est le client qui est con quand même. Des fois le client, il prend le menu et il dit: " Il est frais, votre poisson?" Non, il est pourri depuis 4 jours mais on va essayer de le fourguer quand même! C'est le jeu! Tout ça, je vous le donne, vous pouvez le ramener chez vous, je vous le donne. Cadeau! Tiens, un autre exemple, vous êtes invité à une soirée chez quelqu'un. Vous arrivez, la maîtresse de maison, elle vient, elle ouvre la porte et elle fait: "Ah c'est vous ?" Parce que déjà, si ça n'avait pas été toi, elle n'aurait peut-être pas ouvert. Alors toi, tu as amené un bouquet pour être poli et là, dès qu'elle voit le bouquet, elle se met à hurler à la mort, elle fait: "Ooooooh! Des fleurs!" Parce que d'habitude on doit lui offrir des carottes râpées ou des boulons ou des roues de bagnoles. Donc là, elle est vachement étonnée, c'est des fleurs. On ne lui avait encore jamais fait le coup, tu vois. Alors tu rentres quand même et puis là à gauche tu as les chambres à coucher, à droite, tu as la cuisine et puis devant tu as une pièce pleine d'invités. Et là elle croit bon d'ajouter: "C'est par là!" Pour le cas où tu aurais voulu aller dormir une heure ou deux avant ou si tu voulais aller faire un peu de vaisselle avant. Alors après elle insiste, elle dit: "Si vous voulez bien me suivre".  Un peu que je veux la suivre! Je ne me suis pas tapé deux heures d'embouteillages dans Paris pour craquer à 3 mètres du bol de sangria quand même! Alors il y a pire parce que, une fois à l'intérieur, tu rencontres un copain qui te dit: "Ah, tu as été invité aussi?" Non,  j'ai cassé un carreau pour rentrer, connard! Et entre nous, si j'étais venu pour recoller la moquette, tu crois que j'aurais mis un smoking. Il y en a plein, tout ça je vous le donne. Cadeau! Et tiens, encore quelques autres parce que j'en trouve une tous les soirs en ce moment. C'est facile! Tu rencontres un copain dans la rue, il te dit: "Tiens, tu as été chez le coiffeur?" Non, non, ils sont tombés tous seuls cette nuit! Ou alors: "Tiens, tu es rentré de vacances?" Non, tu vois bien que j'y suis encore, connard! Il y a aussi le fameux "Faites comme chez vous" et bien ça va être un beau bordel dans cinq minutes, je te le dis. Et c'est même  dangereux parce que l'autre jour, je suis rentré dans une boulangerie. Je dis: "Bonjour, madame, est-ce que vous avez des grosses miches?" Et bien, elle m'a mis un pain dans la gueule.

 



 

mardi 21 août 2012

Fernand Raynaud



Pour ce 4ème volet de notre été des comiques, le diablogueur se souvient de Fernand Raynaud, pionnier et figure emblématique de la scène comique française. Ce comédien clermontois a survolé les années 50 et 60 avec son humour tendre et bon enfant. Un humour à l'image de l'homme, un modèle de simplicité et de sympathie qui a toujours eu une place privilégiée dans le coeur des Français surtout après sa disparition tragique et prématurée dans un accident de voiture en 1973. On peut même dire qu'il aura été comique jusqu'au bout puisque sa voiture est allée percuter malencontreusement un mur de ........ cimetière. En tous cas, c'est un des rares comiques à être mort dans des circonstances tragiques et aussi à avoir une rue à Paris, preuve irréfutable de sa popularité. Comme tous les humoristes de son époque, Fernand Raynaud  se fit initialement un nom sur les planches des cabarets et des music-halls même si ce fut la télévision naissante et en noir et blanc qui le consacra définitivement. Voici donc 2 sketchs du grand Fernand dans lesquels il nous brosse de cette façon délicate et cocasse qui est la sienne le Français moyen. Sublime et facile à comprendre ce qui ne déplaira à personne!





dimanche 12 août 2012

Les Inconnus



Alors que la cérémonie de clôture des Jeux Olympiques bat son plein, continuons tout de go notre été des comiques histoire d'oublier un peu cette overdose sportive qui nous est tombé dessus depuis 15 jours. Vengeons-nous donc sans vergogne grâce aux comiques que le diablogueur nous présente aujourd'hui et qui se sont fait connaître pour leurs parodies d'émissions télé et par exemple sportives. Il s'agit des Inconnus, un trio de rigolos, séparés aujourd'hui mais qui se firent très populaires dans les années 90. Didier Bourdon, Bernard Campan et Pascal Légitimus ont pris à présent des chemins différents et ont amorcé une assez belle reconversion au cinéma.  À l'époque de leurs délires télévisés, nul n'était épargné et tout le bon monde télévisuel (ou pas) de l'époque passa à la moulinette des Inconnus (présentateurs, chanteurs, acteurs, flics, etc...). C'était parfois un peu méchant mais toujours très drôle comme dans les vidéos que vous trouverez ci-dessous où nos 3 inconnus se moquent sans retenue de la façon de parler des journalistes sportifs, des policiers ou de certains présentateurs trop pédants. Bon amusement.











Pour lire le texte du sketch, cliquez ici.




Pour lire le texte du sketch, cliquez ici.

mardi 7 août 2012

Michel Daerden




Petite parenthèse dans notre été des comiques (encore que ...) pour rendre hommage à un politique très populaire dans le plat pays (qui est le leur) et décédé dimanche dernier, Michel Daerden. Un politique qui, dans la lignée de quelques autres que je ne citerai point, restera davantage dans les mémoires pour ses numéros sur les plateaux de télé (et partout ailleurs) que pour son action politique. Michel Daerden n'était pourtant pas plus incompétent que la majorité de ses compères  malgré quelques problèmes d'élocution mais ce qui est incontestable, c'est qu'aucun politique belge (et même peut-être étranger) n'aura laissé autant de moments cocasses inoubliables ni suscité un tel engouement chez les siens. En effet il y a eu une véritable "Daerdenmania" et le drôle de politique va sans doute beaucoup manquer aux médias et au peuple wallon. Pour ceux qui aimeraient savoir quel était le parti de celui qu'on appelait tendrement "Papa", je leur répondrai avec une devinette paraphrasant une des vidéos ci-dessous. Il aimait une unique couleur, celle de son parti, celle de son club de football (le Standard de Liège) et celle de sa boisson favorite dont il a sans doute "un peu" abusé. Mais laissons place à l'artiste ...












Et même en Europe ...






Et même en flamand ...



dimanche 29 juillet 2012

Roland Magdane


L'été des comiques se poursuit alors que le soleil vient enfin de faire son apparition sur notre belle région et que les Asturiens ont tôt fait de sortir leur maillot de bain, leur crème solaire et leur barbecue. À propos de barbecue, voilà justement un des sketchs du comique que le diablogueur est ravi de vous présenter aujourd'hui. Il s'agit de Roland Magdane, un humoriste encore en activité et qui a eu un succès énorme dans les année 80 et 90. La spécialité de ce bon Magdane, ce sont les sketchs sur la vie quotidienne, sur tous ces petits tracas et mésaventures qui rendent nos existences si excitantes. Quelques-uns de ses sketchs sont restés des classiques du genre comme les 3 sketchs que je vous présente aujourd'hui. Je vous laisse avec la plus célèbre moustache du paysage comique français.




Le barbecue

Imagine. Tu as la chance d'avoir une petite maison avec un petit jardin. C'est le premier dimanche de printemps où il fait beau et comme par hasard, tu as tous les mecs bien épais qui arrivent chez toi à l'improviste.
- Ah ouais, on passait dans le quartier alors on s'est dit : “Tiens, on va aller les voir”
- Dis donc, on ne vous a pas beaucoup vu cet hiver.
-  Et ouais… Tiens, il est midi.
- Et oui, effectivement il est midi. Vous allez bien grignoter un petit bout avec nous.
-  Et bien ça, on y avait pas pensé. Et au bout de 5 minutes, ils sont comme chez eux.
- Non, on ne va pas manger dans la cuisine, il faut manger dehors, il faut profiter du jardin quand même. Et là, pour toi, le bordel commence… D'abord, il faut nettoyer ta table de jardin qui est restée dehors pendant tout l'hiver, qui est recouverte de merdes d'oiseaux. Tu es là, avec ta raclette.
- Putain mais qu'est-ce qu'ils bouffent ces oiseaux? C'est bien dur ces chiures de merde...
Au bout de 5 minutes, tu en as ras-le-bol. Dès que ta femme a le dos tourné, tu mets la nappe directement sur les cacas d'oiseaux.
- Ça y est, chérie, j'ai tout fini. Ta femme, elle arrive, elle te dit : « Mais  tu as mis la nappe à l'envers !».
 - Ne touche pas à la nappe, là. Elle est bien comme ça, la nappe. J'aime bien les couleurs pastel, moi.  Va dans la cuisine, je m'occupe de tout.

Elle va dans la cuisine et tu mets les couteaux, les verres, les assiettes. Elle revient 5 minutes après.
- Tu as oublié la rallonge.
- Oh non, mais enfin pourquoi tu ne m'as pas dit qu'il fallait une rallonge ?
- Parce que tu ne m'as pas demandé, si tu m'avais demandé, je te l'aurais dit, mais tu ne me demandes jamais rien, et comme tu ne fous jamais rien dans cette maison, chaque fois que tu fais quelque chose, tu ne fais que des conneries.

Ça vous rappelle quelque chose, les mecs là? Ça va, je me sens moins seul. Donc tu mets la rallonge et là  quand tu as mis la rallonge, bien entendu la nappe est trop petite.
- Oh merde, chérie, elles sont où les nappes ?
- Dans le placard des nappes.
- Il est où le placard des nappes ?


Arrive alors le barbecue. Bon, je ne sais pas vous mais alors moi, je me demande toujours comment des hectares de forêt peuvent s'enflammer en 5 minutes, avec soit disant un mégot de cigarette, alors que, moi, avec 14 litres d'alcool à brûler, quatre boîtes d'allumettes familiales, en allumant les allumettes quatre par quatre, au péril de ma vie,  il faut trois quarts d’heure pour allumer quatre brindilles! Une fois que c'est allumé, après c'est pas fini. Après il faut souffler dessus pour pas que ça s'éteigne. Vu le temps que tu as mis pour l’allumer, tu n’as pas envie que ça s’éteigne. Et je peux dire que tu en mets un coup. Brrrrr! Brrrrrr! Pendant que tes copains prennent l'apéritif tranquille, toi tu es là, comme un con. Brrrrr! Brrrrrr! Trois quarts d'heure après tu es toujours sur tes brindilles mais tu commences à avoir un petit coup de barre.  Brrrrr! Brrrrrr! Et  là tu fais passer le temps comme tu peux.  Brrrrr! Brrrrrr! Et là quand tu te relèves, les merguez sont jamais cuites, mais toi, tu es brûlé au troisième degré.
- Ah, chérie, j'ai mal, j'ai mal. Tu n’aurais pas vu mes lunettes?
- Non, je ne sais pas où elles sont, tu n’avais qu'à les ranger. Je ne peux pas non plus toujours passer derrière toi, si je n'étais pas là, je me demande bien ce que tu deviendrais!

- Ne t'inquiète pas chérie, je vais chercher mes lunettes dans la cuisine.
- Tu vas dans la cuisine?
-  Oui, je vais dans la cuisine.
- (Ne) Pars pas les mains vides!
Alors, celle là, c'est la pire! Du coup, tu pars chargé comme un mulet, tu fous tout dans la cuisine, et là, tu dis : «Je vais aller me planquer dans les toilettes, pour être peinard. Ah là je suis bien! Tu as deux mille pieds de carrés de baraque et il n’y a que là que je suis bien».

C’est du vécu. Et là, tu entends ta femme qui t'appelle de loin : «Chéri!» «Aaaaaah!» «Chéri!» «Aaaaaah!» «Chéri, je sais que tu es dans les toilettes !» «Oh merde !»
À table ! Et là tu installes tout le monde dans le jardin. Je ne sais si tu as remarqué quand tu manges dans le jardin, il y en a toujours un qui est mal assis, genre assis bancal, le pied de la chaise dans le trou de la taupe.
- Ça va Gérard ?
- Oui bien, bien.
- Tu veux qu'on t'attache ?
- Oui, mais vite, hein.

Il y en a toujours un aussi qui s’est tapé un petit bout de saumon froid vite fait pendant que personne ne le voyait et qui s'est chopé une arête. Et là tu le vois qui se promène dans le jardin.
- Rrrrraaaa, rrrraaaaa
- Qu'est-ce que tu as René?
- Rrrrraaaa, rrrraaaaa
- Tu as avalé une arête.
- Rrrrraaaa, rrrraaaaa- Mange de la mie de pain.
- Ça fait la quatrième baguette que je bouffe.


Arrive alors le melon. Moment très important, car le melon correspond avec l'arrivée d'une guêpe, qui est là en mission de reconnaissance et qui, dès qu'elle voit arriver ton melon, appelle immédiatement son chef d'escadrille.
- Allo, allo Rogers, ici Frelon futé. Je suis au-dessus de la table des cons qui bouffent dehors, j’ai repéré un melon à l'horizon, je suis passée devant l'étiquette, non non, ce n’est pas de la merde, c'est du Cavaillon, on va s'éclater le dard. Attention, les tranches sont dans les assiettes, sus au Cavaillon, bon appétit à toutes, terminé.

Et là, tu as toutes les guêpes qui déboulent. Zzzzzz Zzzzzz Et là, pour lutter face aux guêpes, chacun sa technique.
Tu as celui qui essaie de les découper en plein vol avec son couteau.  Zzzzzz Zzzzzz On l’appelle D’Artagnan. Zzzzzz Zzzzzz
- Oh merde, raté!
- Ah! Tu trouves. Oh, il est con avec ses guêpes! Tu as celui qui n'a peur de rien qui les attrape à la main.
- Ça y est, je l'ai. Bandaaaah!
Tu as l'ami des bêtes aussi.
- Faut pas bouger, si tu ne bouges pas, elles ne te piquent pas. Vous voyez les guêpes sur mon nez, si je ne bouge pas, elles ne piquent pas.Alors lui, à force de ne pas bouger, en fin de la journée, il a tout sur son nez : des guêpes, des fourmis, des abeilles, des moustiques. À la fin de la tournée,  c'est plus un nez c'est une ruche.
- Bon ben, je vais y aller parce que là j'ai le nez bourré de miel, je vais finir par attirer les ours.





Vacances en Normandie

Avec ma femme, on en avait ras-le-bol de ces barbecues. On s’est dit stop, on va se louer une maison en Normandie. Alors en Normandie, il pleut tout le temps. Été comme hiver, il pleut. Je dirais même qu’en été, il pleut même encore plus. Ah si ! Si tu vois un mec l’été qui revient noir de Normandie, c’est un mec qui a pris la foudre. C’est comme ça qu’ils bronzent là-bas. Dès qu’il y a un orage, ils sortent leurs serviettes, ils se mettent sous un arbre, ils attendent l’éclair.

- Oh chérie, passe-moi de la crème, je crois que je sens que je vais en prendre un bon coup.
Nous, on va là-bas l'hiver. Un froid humide. En plus ma femme, elle n'aime pas le chauffage central, elle veut garder le côté rustique. On a la cuisinière à bois dans la cuisine. Alors c'est vrai que la cuisinière à bois, c'est long à chauffer, mais d’un autre côté quand ça chauffe, putain, ça chauffe! 40° dans la cuisine. C'est bien simple, on est tous obligés de bouffer en slip. Quand on a des invités, ça leur fait drôle. On leur dit : «mettez vous à l'aise». Au début ils disent non, non, puis après…. Ils sont bien contents.
40 degrés dans la cuisine et -12 dans le salon!
Pour aller dans le salon, on met l'anorak, on a l'habitude, on le met directement sur le slip. Et alors là, plus tu montes dans les étages, plus tu te rapproches du cercle polaire. Dans mon lit, un jour, j’ai retrouvé un ours blanc. En plus, on n'est pas arrivé là-bas depuis 5 minutes, à chaque fois ma femme me dit, va vite chercher des oeufs frais chez le père Duchêne.
Le père Duchêne, c'est le paysan d'à côté, le cultivateur.
On n’est pas arrivé depuis 5 minutes, je me retrouve tout seul, dans le noir, sous la pluie traversant la forêt direction la maison du père Duchêne. Pfffft Pfffft Pfffft Pfffft ... À un moment donné, je m'arrête dans le noir parce que j'ai peur. Il y a deux choses qui me font peur quand je marche dans le noir :
Premièrement, c'est marcher sur un rateau. Ah si, ça fait mal.
La deuxième chose qui m'angoisse, c'est le chien des Duchêne. Un berger allemand …….de l'Est ……avec un sens de l'humour très approximatif.
Pfffft Pfffft Pfffft Pfffft ... Grrr !!!  Oh Putain, le con, il est là. Grrr !!! Pourvu qu’il soit attaché ! Et là je ne bouge plus et petit à petit je m'enfonce dans la boue, à un moment donné, j'en ai plus haut que les chevilles, à tel point qu'à chaque fois je me dis, c'est pas possible, je dois être debout dans la gamelle du chien.
Grrr ! Comment il s'appelle déjà ce chien ?


- Rex?

- Whaaa, Whaaa, grrr !
- Hans ?

- Whaaa, Whaaa, grrr !
- Günter ?
- Whaaa, Whaaa, grrr !
- Michel ? 
- Ouh, Ouh, Ouh ! Michel ! Comment j'ai pu oublier ! Et là le Michel, il me reconnaît, il me saute dessus pour me souhaiter la bienvenue avec ces quatre-vingt-dix kilos, il commence à me labourer le costard avec les pattes de devant, à me lécher le visage. Ah ! Ouais, vas-y, refais-moi le brushing !
En plus il pue ce chien ! Trois semaines qu'il dort dehors sous la pluie.
Il pue! Une espèce d'odeur entre le munster, la vache et le prisonnier.
- Allez, descends. Il est là ton papa?
- Ouh, Ouh, Ouh !
- Très bien. (Il frappe à la porte) Toc toc toc!
- Qui c'est-y qu'est là?
- C'est moi, monsieur Duchêne, c’est votre voisin, c’est monsieur Magdane!
- C'est pas possible. En ce moment, monsieur Magdane, je le vois dans mon poste à la télévision. Germaine, passe-moi le fusil!
- Mais enfin, c'est moi, monsieur Duchêne.
- Oh nom de Dieu ! Je ne vous avais pas reconnu. Vous venez chercher vos oeufs?
- Eh oui, eh eh eh !
- Germaine va chercher des oeufs pour monsieur Magdane. Depêche-toi, nom de Dieu! Bon, monsieur Magdane, vous allez bien boire un petit coup avec moi en attendant.
- Oh non merci, je suis à jeun, je suis fatigué. Je crois que j’ai une espèce de bronchite.
- Mais c'est bon la gnôle pour la bronchite, nom de Dieu ! Allez, je vous sers un coup.
Et là, tu te retrouves avec un verre à moutarde, le grand modèle, rempli à ras bord, d'un alcool de fabrication maison d'environ 400 degrés. Tu sais que si jamais tu bois ça, tu vas te choper une barre. Tu n’as pas le choix, il faut boire ….parce que les œufs il te les faut.
- Santé, monsieur Magdane!
- Santé, monsieur Duchêne. Hiiiiin ! Hiiiiiiin ! Hiiiiiiin ! Ttttttt ! Ça ne fait pas tomber les dents, ça?
- Allez, cul sec!
- Oh non!
- Cul sec, nom de Dieu!
- Eeeeehh! Aaaaouuuuuuh! Aaaaouuuuuuh!
- C’est bon pour les bronches!
- Aaaaouuuuuuh! Je sens que je n’ai plus de bronches. Et là, quand je sors de chez lui, la boue me fait déjà nettement moins peur.
- Ha Ha Ha ! Ha Ha Ha ! Ha Ha Ha ! Ha Ha Ha ! Paf ! Rangez votre rateau, merde! Ha Ha Ha ! Ha Ha Ha ! Ha Ha Ha !
- Grrrrr!
- Ah, tu tombes bien, mon petit Michel. Est-ce que je peux boire un peu d'eau dans ta gamelle? Ah ! Ça me brûle de partout. Merci, Michel. Ha Ha Ha ! Ha Ha Ha ! Ha Ha Ha !
- Chérie c'est moi ! Ha Ha Ha ! Ha Ha Ha ! Ha Ha Ha !
- Passe-moi les œufs!
- Oh putain, je les ai oubliés! Euh, il y en avait plus !
- Ce n’est pas grave. Va vite chercher des légumes, on va faire une bonne soupe.
Et alors là, je me retrouve à 11 heures du soir, ivre mort, dans le potager, avec ma lampe de poche.
- Sortez les carottes, sortez les mains en l'air. Vous êtes cernées, les carottes. Allez, les escargots, vous dégagez le passage. Allez, les escargots, on fait la course. Ha Ha Ha ! Ha Ha Ha ! Ha Ha Ha !
- Mais monsieur Magdane, qu'est-ce que vous foutez dans mon potager?
- Je me promène!
- Vous voulez que je vous raccompagne en voiture?
- Non, j'adore marcher à 4 pattes dans la boue. Ha Ha Ha !
- Grrrrr!
- Ooooh ! Ça tombe bien que je te rencontre, mon petit Michel. Est-ce que je peux te poser une question? Exceeeeeeptionnellement ce soir, est-ce que je peux dormir chez toi?
- Ouh!
- Oh! Tu es un pote. Je peux rentrer dans ta niche?
- Ouh!
- Oh! Elle est belle, ta niche. J’adore la déco intérieur. Ah si, j’adore le poster de Rintintin. A quelle heure je te mets le réveil, mon petit Michel?
- Ouh!
- Ah, c’est tôt! Allez! Bonne nuit, mon petit Michel.
- Bonne nuit, mon petit Magdane.
- À demain.

Je récapépète

mercredi 18 juillet 2012

L'été des comiques: Raymond Devos





Cet été 2012 ne restera pas dans les annales, difficile de prendre son pied quand les mauvaises nouvelles fusent de tous côtés. Le diablogueur souhaite ardemment pallier à la morosité ambiante et pour cela, rien de tel qu'une bonne dose d'humour. La section estivale 2012 sera donc consacrée aux humoristes et cela tombe bien car la France regorge de comiques en tous genres. On peut même dire sans trop se méprendre que la France est le pays qui compte le plus grand nombre de comiques puisque, par exemple, Wikipédia en répertorie 335 alors que d'autres grands pays de rigolos en comptent moins (l'Espagne 103, l'Italie 33, la Grande-Bretagne 67 ou les États-Unis 310). Nous essaierons d'expliquer ce phénomène propre à la France dans une rubrique ultérieure car pour inaugurer cette nouvelle section, le diablogueur a jeté son dévolu (patrie oblige) sur un comique ... belge. Et pas n'importe lequel puisqu'il s'agit sans doute d'un des maîtres du genre comique à savoir Raymond Devos. Ce diable d'homme né à Mouscron en 1922 a régné pendant un peu plus de 50 ans sur le paysage comique francophone jusqu'à sa mort en 2006. Grâce à son style unique et particulier pétri de jeux de mots et d'absurde, il a réussi l'exploit de plaire en même temps au grand public et aux milieux littéraires avec à la clé une bonne douzaine de prix et distinctions diverses et surtout la création en 2003 du prix qui porte son nom et qui distingue chaque année un artiste ayant contribué au progrès de la langue française, à son rayonnement et à sa promotion. Voici donc trois sketchs du grand Devos, à consommer sans modération. 



Caen


J'avais dit : - "Pendant les vacances, je ne fais rien !... Rien ! Je ne vais rien faire ".
Je ne savais pas où aller. Comme j'avais entendu dire : - "A quand les vacances ?... A quand les vacances ?..."
Je me dis : - " Bon !... Je vais aller à Caen...".
Et puis Caen !... ça tombait bien, je n'avais rien à y faire. Je boucle la valise... je vais pour prendre le car...
Je demande à l'employé :
- Pour Caen, quelle heure ?
- Pour où ?
- Pour Caen !
- Comment voulez-vous que je vous dise quand, si je ne sais pas où?
- Comment ? Vous ne savez pas où est Caen ?
- Si vous ne me le dites pas !
- Mais je vous ai dit Caen !
- Oui !... mais vous ne m'avez pas dit où !
- Monsieur... je vous demande une petite minute d'attention !
Je voudrais que vous me donniez l'heure des départs des cars qui partent pour Caen !
- !!! ...
- Enfin !... Caen !... dans le Calvados !...
- C'est vague !
- ...En Normandie !... Ma parole ! Vous débarquez !
- Ah !... là où a eu lieu le débarquement !... En Normandie !
- A Caen... Là !
- Prenez le car.
- Il part quand?
- Il part au quart.
- !!! ... Mais (regardant sa montre)... le quart est passé !
- Ah ! Si le car est passé, vous l'avez raté.
- !!! ... Alors... et le prochain?
- Il part à Sète.
- Mais il va à Caen?
- Non il va à Sète.
- Mais, moi, je ne veux pas aller à Sète... Je veux aller à Caen !
- D'abord, qu'est-ce que vous allez faire à Caen ?
- Rien !... rien !... Je n'ai rien à y faire !
- Alors, si vous n'avez rien à faire à Caen, allez à Sète.
- !!! ... Qu'est-ce que vous voulez que j'aille faire à Sète ?
- Prendre le car !
- Pour où ?
- Pour Caen.
- Comment voulez-vous que je vous dise quand, si je ne sais pas où !...
- Comment !... Vous ne savez pas où est Caen ?
- Mais si, je sais où est Caen !... Ça fait une demi-heure que je vous dis que c'est dans le Calvados !...
Que c'est là où je veux passer mes vacances, parce que je n'ai rien à y faire !
- Ne criez pas !... Ne criez pas !... On va s'occuper de vous.

Il a téléphoné au dépôt.

Mon vieux !... (regardant sa montre) :
A vingt-deux, le car était là.
Les flics m'ont embarqué à sept...
Et je suis arrivé au quart.
Où j'ai passé la nuit !




Où courent-ils?

Excusez-moi, je suis un peu essoufflé !
Je viens de traverser une ville où tout le monde courait.
Je ne peux pas vous dire laquelle…
Je l’ai traversée en courant !
Lorsque j’y suis entré, je marchais normalement,
Mais quand j’ai vu que tout le monde courait…
je me suis mis à courir comme tout le monde sans raison !

À un moment, je courais au coude à coude avec un monsieur.
Je lui dis :
— Dites-moi… Pourquoi tous ces gens-là courent-ils comme des fous ?
— Parce qu’ils le sont ! Vous êtes dans une ville de fous ici… Vous n’êtes pas au courant ?
— Si, Si, des bruits ont couru !
— Ils courent toujours !
— Qu’est-ce qui fait courir tous ces fous ?
— Tout ! Tout ! Il y en a qui courent au plus pressé. D’autres qui courent après les honneurs… Celui-ci court pour la gloire… Celui-là court à sa perte !
— Mais pourquoi courent-ils si vite ?
— Pour gagner du temps ! Comme le temps, c’est de l’argent, plus ils courent vite, plus ils en gagnent !
— Mais où courent-ils ?
— À la banque ! Le temps de déposer l’argent qu’ils ont gagné sur un compte courant… et ils repartent toujours courant, en gagner d’autre !
— Et le reste du temps ?
— Ils courent faire leurs courses… au marché !
— Pourquoi font-ils leurs courses en courant.
— Je vous l’ai dit… parce qu’ils sont fous !
— Ils pourraient tout aussi bien faire leur marché en marchant… tout en restant fous !
— On voit bien que vous ne les connaissez pas ! D’abord le fou n’aime pas la marche…
— Pourquoi ?
— Parce qu’il la rate !
— Pourtant, j’en vois un qui marche !
— Oui, c’est un contestataire ! Il en avait assez de courir comme un fou. Alors il a organisé une marche de protestation !
— Il n’a pas l’air d’être suivi ?
— Si, mais comme tous ceux qui le suivent courent, il est dépassé !
— Et vous, peut-on savoir ce que vous faites dans cette ville ?
— Oui ! Moi j’expédie les affaires courantes. Parce que même ici, les affaires ne marchent pas !
— Et où courez-vous là ?
— Je cours à la banque !
— Ah !… Pour y déposer votre argent ?
— Non ! Pour le retirer ! Moi je ne suis pas fou !
— Mais si vous n’êtes pas fou, pourquoi restez-vous dans une ville où tout le monde l’est ?
— Parce que j’y gagne un argent fou !… C’est moi le banquier !…








Le petit poussin

Récemment, je suis entré dans une auberge pour y dîner et sur la carte, il y avait marqué: " Poussin rôti ".
Et... j'ai commandé un poussin rôti.
J'ai vu arriver un petit poussin... dans une assiette...
- "Hamm !!!". Je n'en ai fait qu'une bouchée dans mon gros ventre !
Un petit poussin ! Vous avez déjà vu un petit poussin ? C'est mignon à croquer !
C'est une petite boule jaune... Ça fait : "Cui-cui..."
Il n'était pas cuit ! Et je n'en ai fait qu'une bouchée dans mon gros ventre !

Ça aurait été une vieille poule, encore... Bon ! Une dure à cuire... elle a vécu ! (Elle a fait son temps !)
Mais un petit poussin... ! J'aurais mieux fait d'aller me faire cuire un oeuf !
Oh, ça ne vaut guère mieux ! Chaque fois qu'on va se faire cuire un oeuf, c'est comme si on envoyait un poussin se faire cuire !
- "Parce que, qu'est-ce qui fait le poussin ? "
- "C'est l'oeuf !"
Et encore... on ne sait plus ! Il y a ce fameux dilemme que chacun connaît :
- "Qu'est-ce qui fait l'oeuf ? "
- "C'est la poule !"
Bon ! Jusque-là, il n'y a rien à dire. On est tous d'accord.
- "Mais qu'est-ce qui fait la poule ? "
- "... C'est l'oeuf !"
Alors, la question est : Qui a commencé ?
Est-ce l'oeuf le père de la poule, ou la poule la mère de l'oeuf ?
Ça ne peut pas être le coq ! Les coqs, eux, ne pondent pas d'oeufs !
Quoiqu'il n'y ait pas de poules sans eux ! (oeufs) Sans eux... les coqs !
Comme il n'y a pas de coqs sans elles... (ailes) Sans elles, les poules !
Évidemment ! Parce que sans ailes, il n'y aurait ni coqs, ni poules, ni poussins !
Et ce serait tant mieux ! Parce que j'aurais mangé autre chose !

J'aurais mangé du veau... Un petit veau ! Vous avez déjà vu un petit veau ?
Un vieux boeuf... bon ! Passe encore. Il a vécu... !
Mais un petit veau... Vous avez déjà vu une petite tête de veau... ? A la vinaigrette !!!

J'aurais mieux fait de manger un oeuf, parce que, comme on dit : "Qui mange un oeuf mange un boeuf !!!"


mardi 10 juillet 2012

La leçon de jardinage


Retournons allègrement au jardin puisque le sujet a plu à pas mal de diablogueuses (et diablogueurs) et je vous proposerai aujourd'hui une petite leçon de jardinage car  il est très bien de connaître le nom des outils, encore faut-il savoir comment les manier. Mais avant tout, je tiens à remercier Mme Palapêche Pépin, Marie et Margot pour leurs commentaires et corroborer celui de cette dernière. Effectivement il n'y a pas que les Français qui jardinent. Bien d'autres peuplades se livrent à ce délicieux passe-temps, par exemple, les Belges qui ont sans doute des jardins aussi beaux que nos chères voisins et qui  disputent aussi depuis fort longtemps à leurs cousins hollandais la suprématie des pays producteurs de fleurs. Ainsi c'est en Belgique qu'a lieu la plus ancienne exposition florale du monde (la plus grande aussi sans doute), les Floralies Gantoises, grand rendez-vous quinquennal des amoureux et des professionnels de la fleur. Pas loin de Gand et tous les deux ans cette fois, on peut aussi admirer le tapis de fleurs le plus magnifique du monde qui est installé à Bruxelles sur une place non moins magnifique, c'est le fameux Tapis de Fleurs de la Grand Place. À visiter absolument si vous passez par Bruxelles entre le 14 et le 19 août.



Et voici sans plus tarder notre petite leçon de jardinage que nous propose la charmante humoriste Isabeau de R. et pour qu'aucun détail ne vous échappe de ses bons conseils, vous trouverez le texte juste en-dessous.





Mesdames, mesdemoiselles, un peu de silence, je vous prie pour votre leçon de jardinage. C’est le printemps votre petit jardin est en effervescence. Il ne demande qu’à être travaillé. La préparation du terrain est primordiale. Toujours commencer par un bon défoncement. C’est un peu violent au départ mais très efficace. Ah ça, madame, si votre jardin a été négligé trop longtemps, il se peut qu’un défoncement ne suffise pas. Dans ce cas, un labourage en profondeur s’impose. Ensuite le griffage qui permet de casser la motte sur une vingtaine de centimètres de profondeur. Ne vous inquiétez pas, mademoiselle, si votre motte est trop sèche un petit coup de bine l’attendrira. Car comme disait feu Monsieur Le Nôtre : « motus et bouche cousue ». Une fois la motte piquée, on peut introduire la semence laquelle vous donnera de belles roses ou de beaux choux si vous ... ? J’attends, mesdames, si vous ... ? Si vous arrosez bien sûr. Il y en a une qui suit. L’arrosage. Choisissez un tuyau fin facile à manier ou alors un tuyau armé plus rigide. Quoi qu’il en soit, prenez la chose en main, mesdames, et mouillez. On a souvent l’impression que mouillez pendant quelques secondes suffisent. C’est une erreur.

Bien alors votre petit jardin a été successivement défoncé, labouré, griffé, mouillé, ensemencé. Il faut maintenant ... J’attends, mesdames, il faut ... ? L’entretenir. La taille tout d’abord, question de prestige. Il faut tailler. mesdames. Alors allez-y! N’hésitez pas! Taillez tiges, gourmands et dards régulièrement. C’est bon pour eux, la taille revigore et épanouit. Je sais, mon petit, vous débutez, vous êtes rebutée. C’est normal mais vous y viendrez. Faites-moi confiance.

L'entretien courant est également important. N’oubliez pas de visiter votre petit jardin matin et soir. Pensez à bien l’aérer, le désherber, lutter contre les mousses et les champignons et ne maltraitez pas votre gazon, mesdames. Ce n’est ni un terrain de jeu pour les enfants ni un parking.

Alors il ne nous reste qu’une seule question et de taille, l’outil. A votre stade, mesdames mesdemoiselles, de bonnes pelles et une vulgaire brouette feront l’affaire. L’important est de toujours utiliser un long manche. Non, madame, il n’est pas nécessaire qu’il soit motorisé. Même si une bonne petite motorisation de temps en temps, ça vous pimente la besogne mais généralement un bon jardinier considère que le travail à la main est plus valorisant. Vous voyez, mesdames mesdemoiselles, le jardinage est fait de mille et une petites attentions. Si vous suivez mes conseils, votre petit jardin deviendra convivial et votre conjoint ou vos convives s’y complairont. La semaine prochaine, nous parlerons cuisine : comment préparer une bonne raie ?