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mardi 16 décembre 2025

Les BD françaises de 2025 (2)

Deuxième volet de notre sélection des meilleures bédés françaises 2025 avec ce qui s'est fait de meilleur dans le 2ème semestre aussi passionnant que le fut le premier. Comme il a été dit dans le dernier billet, on ne connaît pas encore le chiffre exact des parutions ni celui des ventes en 2025. Pour nous donner un idée de la magnitude de l'affaire, on avait enregistré 7285 titres en 2024 (2923 bandes dessinées, 3449 mangas et  913 comics) ce qui faisait 714 titres de plus qu'en 2022. Après quelques années, où les sorties (et les ventes) de mangas avait explosé, ces deux dernières années ont été marquées par un net recul du manga compensé (paraît-il) par une augmentation des certains autres genres comme le roman graphique ou le one shot en net progression. En terme d'argent, nous parlons d'un secteur qui a généré 837 millions en 2024 malgré un recul de 11% par rapport à l'année 2023 provoqué par l'essoufflement du manga et parce qu'en 2023, il y avait eu la sortie d'un nouvel album d'Astérix (L’Iris Blanc) et un nouveau Gaston Lagaffe (Le Retour de Lagaffe) avec le succès que l'on sait. 2025 ayant été une année "avec" Astérix et avec un niveau général de qualité exceptionnel, on peut parier que l'année qui s'achève battra tous les records de ventes et de parutions. Nous le saurons dans quelques semaines. Pour l'instant, nous allons examiner les 50 bédés sélectionnées touchant à nouveau à tous les genres imaginables et imaginés. On n'aura pas sélectionné quelques titres avec participation française en collaboration avec des auteurs étrangers mais valant assurément leur pesant d'or tels que Sur la piste de Blueberry, Le villageUn Noël à ParisLa vallée des oubliéesThorgal Saga - La Cité Mouvante et non plus (hormis quelques exceptions) les nouveaux tomes de séries déjà sélectionnées par le passé comme Mille femmes blanches (T.2), Undertaker (T.8), Madeleine, Résistante (T.4), Le serpent et la Lance (T.4), Le grizzli (T.2), Crénom, Baudelaire ! (T.3), U.C.C. Dolores (T.7), L'ombre des lumières (T.3) ou encore Le château des Animaux (T.4). Vous pourrez donc savourer 50 nouveaux albums bien français dont vous pourrez admirer une planche en cliquant sur les couvertures. Bonne lecture.

Le scénariste Arnaud Floc’h et la dessinatrice Janis Do nous livrent une belle et authentique histoire associant le souvenir de la Shoah à celui des premières femmes autrices de comics, à travers le destin de Lily Renée, rescapée devenue pionnière des comics aux États-Unis. Le dessin de Janis Do, sobre et en ligne claire, convient parfaitement à la biographie de cette pionnière de la BD.


Le précédent album (Le bestiaire du crépuscule) de Daria Schmitt dans la collection Aire Libre était complètement passé sous le radar du diabl@gueur, cette faute impardonnable ne se répétera pas avec le dernier opus de la dessinatrice française qui prolonge son exploration des mythes. Une bédé surréaliste et absolument magnifique qui nous fera connaître le curieux destin du crâne de Descartes.

 
Autrice connue en littérature jeunesse, Laurie Agusti propose avec Rouge Signal un récit long mettant en avant les mécanismes sournois du masculinisme, sujet contemporain s’il en est. Roman social et psychologique totalement incarné, le scénario s’avère être un modèle du genre. Avec sa galerie de personnages impressionnante de réalisme,  sa mise en images splendide, ses couleurs somptueuses tout en audace, Rouge Signal est un album plein et abouti.


Premier opus pour le dessinateur Jérôme Savoyen qui signe avec le scénariste Mark Eacersall ce thriller à la fois captivant et pédagogique sur le monde du Dark Web et la cybercriminalité. Le dessin de Savoyen, influencé par la manga, plaira aux plus jeunes.


L'auteur vétéran Joël Alessandra part dans ce nouvel opus sur les traces d'Arthur Rimbaud qui à 20 ans a décida d'arrêter définitivement la poésie et alla se perdre sur les chemins d’Afrique. Alessandra a imaginé le carnet de route que le poète maudit n’a jamais dessiné. Une belle invitation au voyage où les aquarelles font écho aux vers du poète.

 
L'auteur Dominique Hé revient sur ses débuts dans le monde de la bande dessinée et signe un récit autobiographique documenté sur les années 1970, période charnière de ce mode d'expression en France. Cette autobiographie un brin décalée et pleine d'humour (parfois vache) nous fait vivre les rencontres avec son principal mentor Moebius mais aussi d'autres auteurs tels que Le Tendre, Loisel, Juillard, Goscinny, Gotlib, Brétecher, Druillet, Margerin, Mézières et pleins d'autres qui ont façonné la BD actuelle et plus encore ! Cet album est une pépite à ne pas louper.


Après l'excellente série Détox, Antonin Gallo revient avec une œuvre profondément intime et bouleversante. Tout au long de son long roman graphique de 350 pages, on suit le parcours plutôt dramatique de Chloé, marqué de nostalgie, de faits marquant psychologiquement, de moments durs mais également de moments  de bonheur. Un récit graphique coup-de-poing, à la fois social, psychologique et poétique.


Le scénariste Aurélien Ducoudray et le dessinateur Sébastien Morice unissent pour la première fois leur talent dans ce récit engagé sur les combattantes kurdes, mêlant action, humour et réflexion sur l'émancipation. Ce premier tome rend hommage à des femmes courageuses qui se sont battues pour leur liberté à l'image de Rojava à la fois youtubeuse et sniper.


L'autrice de La nuit est mon royaume revient avec un nouvel album, à destination d'un public averti, dans lequel elle met en scène une jeune photographe cherchant à bouleverser les codes et les règles pour offrir une autre vision du désir et de la sexualité, à travers un objectif résolument féminin. Porté par un dessin sensible en couleurs directes, l’album interroge le lien entre image, pouvoir et sexualité.
 

Dans ce nouveau récit empreint d'humanité, Fabien Toulmé, l’auteur de L’odyssée d’Hakim s'empare du difficile sujet de la scolarisation des enfants en situation de handicap. Une BD réaliste et social qui fait du bien et qui permet de souligner l’importance essentielle des services publics dans la société.


Les romancières Fabienne Blanchut et Catherine Locandro ont écrit à deux mains ce récit touchant où un jeune lycéen fait la rencontre d’Édith, une jeune rescapée des camps de concentration nazis.  Le dessin tout en douceur douceur de Dawid contraste avec l’horreur du sujet. À lire absolument pour ne pas oublier.
 

Cet album inachevé du regretté René Pétillon voit le jour finalement grâce à Manu Larcenet. Se déroulant au cœur du bordelais et abordant, dans la bonne humeur, les magouilles du monde vinicole, le récit permet également de remettre en scène Ange Léoni, l’explosif protagoniste apparu dans l’excellentissime Enquête corse. Un hommage touchant, tendre, et très fidèle à l’esprit original de la série.


L'auteur très qu'est Hugues Micol livre ce nouvel album futuriste où il réfléchit sur la place de l'art et de la culture dans une société dirigée par une I.A. Voici donc une bande dessinée qui ne devrait pas se lire par-dessus la jambe. Surprenant, drôle et beaucoup plus actuel qu'il n'y parait !


Après quelques albums remarquables et remarqués, Rodolphe retrouve le talentueux Laurent Gnoni pour signer un western singulier mettant en scène un homme froid et calculateur librement inspiré de la vie de Frederick Trump, grand-père de Donald, l’actuel président des Etats-Unis… Basé soi-disant sur les origines de la famille Trump, les auteurs nous entraînent ainsi dans les coulisses du pouvoir, à la genèse d’une grande fortune.
 
 
Après presque dix ans d’absence, on fête avec ce nouvel album tant attendu le retour de l'un des maîtres incontestés de la BD en noir et blanc. On y découvre le périple onirique d'une jeune fille qui a peur de son ombre. Elle rencontre Monsieur Chouette qui décide de la guider dans le Royaume des Morts pour résoudre son problème. Mais Cerbère veille... Un album foisonnant et fort original qui se lit comme un conte.
 

L'auteur Quentin Zuttion continue à creuser le sillon du décryptage de l'âme humaine et après les remarqués Salon de beauté et La dame blanche, il signe pour la première un opus autobiographique où il tente de comprendre comment l'anxiété s'est installée dans son quotidien et pourquoi elle l'empêche de vivre normalement. Son style graphique, à la fois délicat et expressif, parvient à capturer les nuances émotionnelles des personnages. 


Après le superbe Madones et putains, l'autrice Nine Antico revient sur la scène bédé avec  ce roman graphique et autobiographique de plus de 300 pages où elle remonte le fil de son désir et tente de comprendre pourquoi elle possède cette obsession à plaire. Graphiquement, cet album est un éblouissement tandis que l’écriture, d’une précision littéraire rare, alterne douceur et tranchant.
 
  
Après Kleos en 2023, le scénariste Mark Eacersall et la dessinatrice Amélie Causse se retrouvent pour signer un nouvel album feel good et quasi documentaire en nous plongeant au cœur d'un vignoble bordelais. Une histoire de choc des cultures également puisque le protagoniste est le fils d’un riche homme d’affaires chinois, passant de Shanghai à Bordeaux. Tout cela est magnifié par un dessin de toute beauté et un remarquable travail des couleurs. 


Jean-Laurent et Olivier Truc (cousins à la ville) associent leurs plumes pour raconter un épisode singulier de la vie de leur arrière-grand-père, ophtalmologue de renom et envoyé en 1912  au Cambodge pour opérer le roi Sisowath. Comme d'habitude le dessin du prolifique et vétéran Éric Stalner fait merveille tout en ligne claire. L'album se révèle captivant car l’intrigue mêle habilement faits véridiques et roman d’espionnage.


Après avoir étalé au grand jour sa passion pour les Beatles dans Nowhere girl en 2021, l'autrice Magali Le Huche raconte cette fois son cancer du sein et paradoxalement elle le fait avec humour, distance et autodérision même si immanquablement l'émotion affleure. Un témoignage sans fard où la musique joue un rôle important....


Le jeune dessinateur David Combet signe une première œuvre semi-autobiographique se développant autour de deux axes narratifs parallèles, le quotidien d’artiste du jeune Pierre et ses souvenirs d’enfance centrés sur les parties de chasse avec son père. À travers ce récit intime l'auteur déconstruit la masculinité toxique, explore le corps, la virilité et révèle les mutations sociales d’aujourd’hui.


Frank Biancarelli et Lewis Trondheim signent un one shot très réussi dans lequel une jolie "sorcière" de 2025 se retrouve catapultée en 1959. Un voyage dans le temps, un corps possédé, un agent de la CIA, un autre du KGB, quelques nazis, une bombe atomique et même une sorcière verte, tels sont les ingrédients que les auteurs manient avec talent. Sans nul doute un des albums de l'année.


Encore un roman de Simenon (impeccablement) adapté par Jean-Louis Bocquet et (admirablement) illustré par Edith. On fera la connaissance d'une orpheline placée chez des cousins à la campagne et dont la présence va réveiller un drame familial... Entre ciel bas, terres détrempées et grisaille persistante, le scénario de Bocquet happe le lecteur aussi bien que le charme désuet et intemporel du dessin d'Édith.

 
Martin Quenehen et Bastien Vivès associent une fois encore leurs talents pour signer une nouvelle aventure d’un Corto Maltese transposé à notre époque. Écologie, drogue, conflits géopolitiques en sont les maîtres mots. Un sauvetage bien mené et un récit qui se lit d’une traite même si le côté très contemporain peut dérouter les fans du Corto classique.


Jean-Pierre Pécau et Nicolas Otero propose une plongée synthétique pour comprendre l’histoire de la drogue autour de ses usages, sa commercialisation massive et ses différents acteurs, entre producteurs et consommateurs. L’intelligence des auteurs a été de relever le défi de plusieurs aller et retour parmi les siècles pour éclairer davantage une réalité complexe.


Les trois auteurs de cette bédé écolo se lancent dans une enquête sur l'agriculture, essentiellement au travers de son industrialisation et des conséquences sur l'environnement et la santé publique. Les auteurs développent un récit cohérent et édifiant à plus d'un titre, explorant par exemple les différentes phases de l'évolution de l'agriculture depuis la préhistoire jusqu'à nos jours, ainsi que l'impact sur l'humanité. Un bédé documentaire plus que nécessaire.


Dans son dernier opus,  Vincent Turhan associe un polar nerveux à une réflexion douce-amère sur le temps qui passe et sur la capacité du cinéma à susciter rêves et rêveries. Saudade est assurément un récit cinéphilique raconté à bâton rompu avec des personnages tout droits issus d'un film de Tarantino, sans aucun doute une référence incontournable pour l'auteur.

 
Magnifique travail de Jean-Christophe Deveney et Édouard Cour que ce long album de 280 pages où la musique joue un rôle central. On y suit la destinée de Hans et Helma qui vont trouver la salvation dans la musique sous le ciel sombre et obscur du Saint-Empire romain germanique. Le récit est porté par un noir et blanc juste relevé de touches de couleur pour certains détails pour un résultat saisissant et impressionnant de beauté. Un album hors-norme pour qui voudra bien se laisser tenter !
 

En racontant le quotidien de son épouse infirmière, Étienne Davodeau signe une bande dessinée pudique et profondément humaine, montrant des fragments de vie très touchants, face à la maladie et à l’effacement de la mémoire. Graphiquement, l’auteur reste fidèle à son style, avec un noir et blanc semi-réaliste que l’on connaît bien, au service d’un récit qui prend la forme d’un hommage aux soignants et aux aidants.


Le premier volet de la série avait échappé au diabl@gueur en 2023, on se rattrapera donc avec le tome 2. On retrouve aux manettes Renaud Roche (dessin) et Laurent Hopman (scénario) dans leur exploration des coulisses de la plus célèbre saga de l'histoire. Le dessin élégant et les couleurs subtiles renforcent l'atmosphère de l'époque, tandis que les dialogues riches en émotions ajoutent de la profondeur aux personnages. Ce deuxième tome est une réussite qui ne ravira pas seulement les fans de Star Wars.

 
Avec ce nouvel opus remarquable, récompensé par le Grand Prix de la Critique et traitant de l’évangélisation de l’Amérique latine par les Espagnols, Jean Dytar ajoute une nouvelle pierre à sa bibliographie, aussi passionnante qu’originale. Un livre sublime où les auteurs se sont beaucoup investis. Les fabuleux graphismes de Dytar dans le style des codex anciens méritent à eux seuls la découverte de cet album surprenant. 
 
 
Prolifiques comme eux seuls, les frères Brizzi signe une 2ème adaptation cette année après Le fantôme de l'opéra paru en janvier. Cette fois-ci, ils s'attaquent à une autre monstre sacré de la littérature et offrent une magnifique adaptation du régicide le plus célèbre de la littérature shakespearienne. Le récit est sublimé par des planches principalement en noir et blanc, soigneusement travaillées, qui accentuent le côté dramatique de cette tragédie. Encore un chef d’œuvre !


Un pavé-bédé de plus de 500 pages, c'est ce qui a été nécessaire à  Philippe Pelaez et Bernard Khattou pour raconter la sage de cette famille Ô combien célèbre. S’appuyant sur une solide documentation savamment digérée, le scénario est porté par une narration virtuose et le dessin réaliste en noir et blanc de plus opportuns. Un album aussi fascinant qu’édifiant qui ravira les amateurs d’histoire contemporaine…


Le scénariste Roger Seiter et le dessinateur Chris Regnault livre un des grands westerns de l'année où les femmes sont à l'honneur. Donc le sujet n’est pas tant la chevauchée que la lutte pour la survie et la dignité de femmes prises dans la tourmente de l’Ouest américain. Le scénario somme toute classique fonctionne parfaitement et le dessin, d’une intensité remarquable, insuffle une énergie saisissante au récit. Un album à découvrir sans plus tarder.


Inspiré de faits réels et du célèbre tableau de Géricault, Thierry Soufflard et Gilles Cazaux retracent l’épopée dramatique des survivants de la frégate La Méduse, échouée au large de l’actuelle Mauritanie. On y suit le destin bouleversant de Blanche qui lutte pour survivre sur ce radeau de fortune au milieu de l’Atlantique. Une fresque humaine poignante racontée par la voix d’un survivant, où se mêlent espoir et barbarie dans un huis clos maritime qui interroge les limites de la morale et de l’humanité.


Après Shangri-La et Carbone & Silicium, Mathieu Bablet referme sa trilogie de science-fiction avec ce 3ème volet monumental, à la fois écologique, humaniste et visuellement hypnotique. Avec ce nouvel album remarquable, l'auteur creuse un peu plus son sillon et s’impose définitivement comme un des chefs de file de la BD contemporaine. Rarement un récit de SF aura parlé aussi bien de notre époque, cernée par de multiples menaces.


Jim poursuit le dispositif narratif entamé dans Le Chant du cygne, en le transposant sur un autre champ de bataille : celui du vieillissement. À travers une galerie de personnages anonymes, mais familiers, l'album explore les petits et grands tracas du quotidien à l’aube de la soixantaine par le prisme de l’humour et de l’absurde. Un vision caustique, cruellement féroce et juste qui fera (sou)rire (ou pas) les sexagénaires et les autres aussi.


Avec ce nouvel album, Guillaume Sorel a pour but de transmettre le sentiment de peur. Pour ce faire, il s’est inspiré des écrits d'un écrivain gallois Arthur Machen, aujourd’hui quelque peu tombé dans l’oubli. Dans ce récit horrifique aux allures de conte fantastique, l'auteur nous ravit une fois de plus par la beauté et la douceur de ses illustrations, qui accompagnent à merveille la noirceur très poétique du texte.


On retrouve le tandem Lupano et Chemineau (déjà auteurs de La Bibliomule de Cordoue) dans une nouvel album pleine de verve, d’aventure et d’Histoire avec un grand H. Inspirée d’un fait réel (comment le système métrique n'est pas arrivé aux États-Unis), l’intrigue se transforme sous leur plume en récit truculent. Le dessin chaleureux, la narration graphique vive et les couleurs éclatantes insufflent une énergie communicative. Les dialogues, fantasques et poétiquement absurdes, ajoutent un cachet supplémentaire à ce magnifique récit.


Le nouvel Astérix ne pouvait pas manquer au rendez-vous surtout quand il est aussi bon que ce 41ème album. Déjà traité dans un billet récent et malgré des critiques peu positives et des polémiques quelque peu inutiles, on aura trouvé ce nouvel opus assez réussi. Fabcaro n'étant pas un manchot au niveau scénario, l'album tient la route malgré quelques facilités. Le dessin de Convard remplira également le cahier des charges des fans de la série les plus endurcis.


On attendait avec impatience le 4ème tome de cette magnifique série signée Enki Bilal qui poursuit son récit visionnaire sur un futur où la planète a basculé dans le chaos numérique. Bilal continue d'insérer des critiques sociétales sur le rapport de l'homme aux technologies et notre dépendance accrue. Côté dessin, le bleu et le rouge s'entremêlent dans un patchwork impressionniste que l'on imagine aisément sur une toile ! Une nouvelle preuve irréfutable du grand talent d'un artiste hors-norme et un tome transitoire nous préparant pour le feu d'artifice final.


Après GunMen of the West et LawMen of the West, voici donc l'album de la série consacré aux femmes qui ont vécu la conquête de l'Ouest américain et de ce fait, plus intéressant que les tomes précédents car, sans rentrer dans un féminisme exacerbé, il faut bien reconnaître que les femmes ont elles aussi joué un rôle clef dans ce far west. Dans cet album collectif, les dessinatrices sont majoritaires ce qui donne à l'ensemble une touche également plus féminine. 


Les auteurs Appollo et Brüno revisitent ce héros légendaire de la bédé et abordent par la même occasion des thèmes sociaux forts de l'Ouest américain. Cet hommage brosse un portrait plus humain et mélancolique du cow-boy solitaire à travers sept récits poignants lors d'un voyage en diligence. une relecture singulière de Lucky Luke, loin des cavalcades burlesques et plus près d’une Amérique rugueuse.


Max Cabanes nous revient avec cette nouvelle adaptation de Jean-Patrick Manchette pour un polar noir dans lequel le privé Eugène Tarpon reprend du service. Le scénariste Doug Headline (qui est le fils de J-P Manchette) arrive à distillé une ambiance seventies à la fois nonchalante et dramatique dans ce polar aux multiples rebondissements.


Grand voyageur, l'auteur Emmanuel Lepage nous emmène à nouveau dans les terres australes onze ans après un premier périple. Le résultat est ce récit de voyage passionnant qui propose une réflexion sur le temps qui s'étire un peu différemment au plus proche de la nature. Le dessin de Lepage se révèle absolument sublime et on ne sera pas étonné d'apprendre qu'il ait été promu, il y a quelques années, peintre officiel de la Marine. Sans discussion, il dessine la mer comme personne ( à part peut-être le belge Jean-Yves Delitte).

 
Tous deux spécialistes du genre fantasy, Olivier Peru et Pierre-Denis Goux nous plongent dans l'univers des druides. Obrigan, druide chevronné, est chargé d’élucider le massacre de 49 soldats retrouvés dans une forteresse censée être imprenable. Son enquête le mène au cœur d’une forêt pleine de secrets... Un univers riche et sombre peuplé de druides aux pouvoirs fabuleux, de chevaliers belliqueux et retors et de créatures cauchemardesques.


Dans le "petit" monde de la bédé, la sortie d'un nouveau Thorgal est toujours un événement. Un nouveau tome où Yann souligne, par son scénario, que Thorgal est avant tout une véritable saga familiale. Au niveau du dessin, Fred Vignaux respecte fidèlement les codes de Rosinski, malgré un style un peu plus brouillon. Il y a de l'énergie, du panache et une profonde humanité dans ses planches. Du Thorgal pour les adeptes et pour les autres.


Ismaël Legrand entre dans le milieu bédé par la grande porte avec ce premier opus de 200 pages qui impressionne par l’ampleur de son univers et la solidité de sa mise en scène. Un noir et blanc somptueux, presque minéral, porte ce récit de dark fantasy bien ficelé ! Inquisition, nécromancie, corruption, religion, sorcières : un bien beau mélange !


Régis Loisel signe son grand retour en tant que dessinateur, accompagné au scénario de Jean-Blaise Djian. L’album déploie une fable à la frontière du fantastique et du grotesque. Ce one shot de plus de 150 pages semblera à certains loufoque, hallucinant voire délirant, mais il rappellera aussi la BD des années 80/90 avec tout ce qu'elle avait d'originale...


Voici un polar noir et dérangeant adapté d'un livre de Franck Thilliez. L'histoire, qui débute par un assassinat sordide, est menée de main de maître par Brunschwig au scénario. De son côté, persévérant et cohérent tout au long des 110 planches, le dessin encré réaliste de Michel Montheillet s'adapte parfaitement au registre.Les amateurs du genre seront comblés par ce polar noir et psychologique qu'on ne peut lâcher avant le dénouement.



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