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mercredi 28 octobre 2020

Vous avez dit croissance ?

Les derniers billets à propos d'économie dans ce modeste blog remontent à 2013, c'est dire si le sujet passionne le diabl@gueur. À l'époque, touché par une subite et passagère fièvre macroéconomique, votre serviteur s'était mué en Piketty de pacotille dans trois articles intitulés, Lehman Brothers, L'argent dette et La grande arnaque. Une des conclusions à laquelle était arrivé cet économiste en herbe, c'est que, pour que le système financier mondial et majoritairement capitaliste fonctionne, il faut de la croissance. Nul besoin d'être Keynes non plus pour se rendre compte que depuis quelques temps, cette sacro-sainte croissance favorise de plus en plus les plus riches et de moins en moins les plus pauvres. C'est exactement ce que nous expliquait l'économiste Thomas Piketty dans un interview pour le magazine Le Point ("La course vers toujours plus d'inégalités ne génère pas de croissance") le 8 octobre dernier. Alors que se passera-t-il dans les prochains mois quand le coronavirus sera parti laissant derrière lui la majorité des économies du monde avec un sacré coup dans l'aile. Qui sortira sa baguette magique pour renverser la vapeur ? Déjà avant la pandémie beaucoup d'experts doutaient sur la nécessité d'une croissance infinie et continue pour la simple raison que les ressources de la terre sont limitées quant à elles. À présent et à cause d'un minuscule virus, la croissance dans les prochaines années paraît plus que compromise. À propos de croissance infinie ou non, voici une vidéo instructive sur le sujet que l'on doit à un certain Eddo.


mercredi 21 octobre 2020

Francis Cabrel

Le nouveau Cabrel est arrivé, le troubadour du Lot-et-Garonne signe un retour en grande forme avec un 14ème album. Francis Cabrel, c'est cet interprète moustachu (à l'époque) qui chantait Je l'aime à mourir, sans doute une des plus belles chansons d'amour jamais écrite. On était en 1979 et après ce tube international, l'ami Cabrel a poursuivi une belle carrière en France jusqu'aujourd'hui. Assez peu prolifique, il n'a sorti que 14 albums en 46 ans mais une multitude de superbes chansons, réunies pour la plupart dans les albums Les Murs de poussière (1977), Les Chemins de traverse (1979), Fragile (1980), Carte postale (1981), Quelqu'un de l'intérieur (1983), Sarbacane (1989) et Samedi soir sur la Terre ((1994). 7 albums indémodables et incontournables avec lesquels on pourrait faire un bestof de 30 chansons minimum. Le 14ème album, intitulé À l'aube revenant, sorti vendredi dernier, pourrait bien faire partie de cette série d'albums de haut vol.


lundi 12 octobre 2020

Fabcaro


Après Tartrais, on revient à la nouvelle coqueluche du diabl@gueur à savoir Fabrice Caro qui continue à récolter des papiers dans la presse (le dernier en date dans le très sérieux magazine littéraire Lire) et qui caracole dans le peloton de tête des meilleurs ventes de romans avec son dernier opus Broadway. On est bien content pour lui. Aujourd'hui, on s'entretiendra plutôt à propos de son alter ego Fabcaro c'est à dire l'auteur de bande dessinée et de ses deux plus grands succès Zaï Zaï Zaï Zaï et Open Bar, histoire d'en feuilleter avec vous quelques pages. Ça fera de la pub pour Caro qui nous en sera éternellement reconnaissant. Pour nous aider, j'aurai appelé à la rescousse quelques autres de ses fans pour mettre au clair une fois pour toutes que ce Caro (Fabrice ou Fab) n'est pas une lubie de plus du diabl@gueur mais un type bien qui mérite d'être connu même à l'étranger. On commencera par Open Bar, publié dans le magazine Les Inrockuptibles et sorti en album chez Delcourt (en avril 2019 pour le tome 1 et en juin 2020 pour le tome 2). 


Voici quelques avis récoltés ici et là pour vous mettre l'eau à la bouche...

"Fabcaro pulvérise nos routines, discussions et réflexes sociaux caricaturaux, façon Zaï zaï zaï zaï. Le champion de la réplique qui tue est de retour ! Open bar, par l’auteur d’Open Bar." (B.Cassel)

mardi 6 octobre 2020

Le Tartrais masqué


J'espère pour vous que vous aimez Tartrais car voilà le 10ème billet consacré à l'artiste et le diabl@gueur a encore une belle réserve de dessins dans sa besace pour d'autres billets à venir. Celui du jour est consacré à un objet qui est entré dans nos vie sans crier gare. On en a tous et toutes un peu marre de ce bout de tissus, c'est certain et personne ne met son masque par pur plaisir ou par simple coquetterie. Il y a quelques mois, on riait bien des Chinois, Japonais et autres Asiatiques, invétérés porteurs de masques. Il y a deux proverbes qui résonnent dans nos têtes à ce sujet, "Il ne faut pas dire : Fontaine, je ne boirai pas de ton eau" et "Si l'on rosse ton voisin, tu peux préparer tes reins". On pourrait ajouter un troisième bien sûr "Rira bien qui rira le dernier". C'est justement ce que nous propose Tartrais et son humour pointu alors que la question que tout le monde se pose est assurément "jusqu'à quand ?" Dans la presse de ces derniers mois et de manière plus sérieuse, le sujet a fait couler beaucoup d'encre. Dans le magazine Le Point, par exemple, le chroniqueur Patrick Besson s'amuse avec le sujet dans deux billets d'humeur intitulés "Mesures pour mesures" et "Excuses à présenter aux policiers pour non-port du masque". Plus sérieuse et dans Libé, Jakuta Alikavazovic nous faisait part de ses sentiments par rapport à ce nouvel accessoire ("Visière rose vs voile noir") en mai dernier. Le 24 septembre, Le Point publiait un autre article intéressant sous la plume d'Émilie Trevert au titre évocateur ("Je n'embrasse plus le dernier soir"). Finalement, Luc Le Chatelier dans  Télérama proposait en mai aussi un article plus philosophique ("Ce qui se cache derrière le masque"). Et pour la fine bouche, voici la vision humoristique (mais non dénuée de profondeur) de notre dessinateur préféré. Bon masque !


lundi 28 septembre 2020

Tartrais et les vacances


Et voilà l'automne est arrivé et notre cher été n'est plus qu'un souvenir pour notre belle collection de cartes postales. L'automne 2020 s'annonce aussi compliqué que fut le printemps de la même année, espérons que les mauvais augures se mettent le doigt dans l'oeil. En attendant autant garder la bonne humeur dans la mesure du possible et pour ce faire un petit coup de main ne sera jamais de trop. Aujourd'hui ce sera le coup de crayon de notre cher ami Tartrais qui essaiera de mettre un peu de gaieté dans ce début d'automne. Le diabl@gueur a réuni les dessins consacrés aux vacances de ce talentueux dessinateur pour un 9ème billet signé Tartrais. Tout bien réfléchi, peut-être qu'il aurait fallu d'ailleurs l'intituler "Tartrais et les drôles de vacances" tant celles-ci furent atypiques et étranges. Mais nul doute que nous les regretterons quand même lorsque les premières feuilles commenceront à tomber. Dans la série de 17 dessins (+2 en bonus) de ce diable de Tartrais, il s'agira de vacances d'été mais aussi de vacances d'hiver car tout le monde ne va pas chercher nécessairement le soleil et la plage. À ce propos, aussi bien en Espagne que chez nos voisins Français, les habitudes estivales et les destinations ont quelque peu changé comme l'épinglait judicieusement Jean-Laurent Cassely dans un article publié en août dans L'Express au titre très illustratif ("Se baigner loin de la mer"). C'est justement ce que n'a pas fait le blogueur que voici que voilà et la plupart des protagonistes des dessins suivants. Vivement les (vraies) vacances !


lundi 21 septembre 2020

Fabrice Caro


L'homme du jour est bien sûr un jeune Slovène de 22 ans dont c'est l'anniversaire aujourd'hui (félicitations Tadej !) et qui a laissé bouche bée tous les amateurs de sport. Depuis Eddy Merckx en 1969, on n'avait pas vu pareil exploit. Cette année-là et dans sa première participation à la grande boucle, le champion belge avait raflé tous les maillots (jaune, vert, à pois, blanc, etc) et gagné 7 étapes. Celui que le journal L'Équipe a surnommé "Pogastar" sur sa dernière couv a réalisé une prouesse semblable à la différence que le Slovène n'avait pas fêté encore sa 22ème année alors que Merckx comptait déjà 24 ans et un beau palmarès en 1969. Mais aujourd'hui, nous ne parlerons pas de cyclisme ni de Pogacar mais plutôt d'humour avec le garçon qui nous regarde d'un air malicieux sur la photo ci-dessus et qui répond au nom de Fabrice Caro. Les amateurs de bande dessinée et les lecteurs du magazine Les Inrockuptibles connaissaient déjà son alter ego Fabcaro qui s'est fait remarquer depuis une douzaine d'années dans le monde de la bande dessinée. Depuis l'année dernière, l'auteur de BD est devenu romancier à succès grâce au roman Le Discours suivi cette année par une autre publication intitulée Broadway.



mardi 15 septembre 2020

Le Quiz de l'été


Chaque été, c'est le même topo dans les rédactions des journaux. Il faut qu'on fasse des pieds et des mains pour trouver de quoi remplir nos feuilles de chou. L'été 2020 n'aura pas dérogé à la règle et, malgré la pandémie et la crise, dans nos journaux et magazines préférés, on aura vu moult dossiers et séries spéciaux pas toujours intéressants et aussi nombre de pages avec les fameux jeux de l'été (mots croisés, mots fléchés, sudokus, etc). Le diabl@gueur aura aussi participé à la fête avec plusieurs billets consacrés au grand Louis de Funès. L'Obs n'aura pas été en reste non plus et nous aura gratifié(e)s d'un merveilleux Quiz de l'actualité dont l'auteur de ces mots vous propose une resucée sans complexes. Sur les 60 questions proposées par l'hebdomadaire durant les 6 chapitres de la série, le diabl@gueur en a choisi 25 qui, soit n'étaient pas trop difficiles, soit avaient une relation avec la France ou sa langue, soit touchaient un sujet intéressant pour ce blogueur-resuceur. Il sera donc question de langue française, de sport, de littérature, de politique, de science, de médecine, de culture générale en général. Autrement dit, ça va partir dans tous les sens. À vous de jouer !


1ère question: La consommation mondiale de produits de la mer a bondi de 122% depuis 1990, dit la FAO. Une nouvelle qui doit réjouir la ville de Bretagne qui s'est enrichie grâce au commerce de la sardine. Quelle est-elle ?
Paimpol
Dournenez
Perros-Guirec

mardi 8 septembre 2020

Le Tour de septembre


Décidément cette rentrée 2020 ne sera pas comme les autres et après les grandes vacances, on a tous l'impression de ne pas avoir eu de vacances justement. Un exemple de cette étrange sensation, c'est le déroulement du Tour de France en septembre alors qu'en juillet, on était Gros-Jean comme devant. Le Tour, il a bien failli ne pas avoir lieu mais s'il y a bien une compétition sportive sacrée (surtout en France), c'est bien la grande boucle. De cette course mythique, le diabl@gueur vous a déjà entretenu en août 2019 et surtout de sa dimension économique et sociale. On connaît aussi son rôle dans la promotion du pays grâce aux retransmissions télévisées qui montrent au monde entier la course elle-même mais aussi la beauté des paysages et la richesse du patrimoine français. Il n'y a pas assurément de meilleure vitrine touristique que celle-là. N'oublions pas que la France est (était) le pays le plus visité au monde avec près 87 millions de touristes chaque année et que le Tour est le 3ème événement sportif mondial le plus diffusé (après les Jeux Olympiques et la Coupe du Monde de football). La course rassemblerait environ un milliard de téléspectateurs chaque année (3,5 milliards selon l’organisateur). Et puis surtout, il y a le mythe, aucune compétition sportive n'aura fait couler plus d'encre et autant la littérature que la bande dessinée, le cinéma ou la chanson se sont emparés du sujet. À ce propos, le journal Libération dans sa dernière édition du weekend propose une article intitulé Tous en selle dans lequel on nous rappelle que le Tour reste une inépuisable source d'inspiration (en particulier dans la chanson). Preuve en est par exemple la sortie de la compilation L'échappée belle réunissant 13 artistes amoureux fous de la petite reine et de la grande boucle par la même occasion. 





lundi 31 août 2020

Fufu à la Cinémathèque 5


Dernier jour de ce mois d'août et dernier billet sur le plus grand comique français de l'histoire qui ne pourra nous faire que du bien, la veille de cette rentrée qui ne sera pas comique du tout. En France comme ailleurs, on se pose beaucoup de questions principalement à propos de la rentrée scolaire, par exemple, celle que nous chantait Renaud en 1994 à savoir C'est quand qu'on va où ? et que reprend un article de L'Express de cette semaine. On préférera plutôt se pencher sur notre comédien du mois, toujours exposé à la Cinémathèque et cela pour quelques mois encore. Parmi les nombreuses activités que proposera le temple du cinéma, la plus insolite sera sans doute la visite naturiste de l'expo, prévue pour le 13 septembre. Pourquoi une visite à poil, se demanderont les moins calé(e)s parmi vous en science funésienne ? Il s'agit bien sûr d'un hommage au célèbre film Le Gendarme de Saint-Tropez dans lequel le maréchal des logis-chef Cruchot et ses compères doivent faire la chasse aux nudistes. Alors si vous vous trouvez à Paris à cette date et si le cœur vous en dit (et le corps aussi), voilà un bon plan. Nous autres, commun des mortels, pourront toujours nous consoler avec un ultime questionnaire sur la dernière partie du documentaire La folle aventure de Louis de Funès, retraçant la période 1973-1983 de la carrière du comique. De cette période, on retiendra surtout 5 films, Les Aventures de Rabbi, L'Aile ou la Cuisse, La Zizanie, L’Avare et La Soupe aux choux. Pour des raisons de santé, De Funès doit baisser le rythme de son travail, il ne tournera que 7 films dans cette dernière décennie alors qu'il en avait tourné 26 de 1963 à 1973. C'est ce que nous raconte aussi le dernier volet de la série Louis de Funès, Les grandes vadrouilles de sa vie, publiée dans Le Soir Magazine ("Louis de Funès, l'immortel forçat du rire"). Voici donc le quiz et l'extrait. À vos marques ! Prêt(e)s ? Partez !

mardi 25 août 2020

Fufu à la Cinémathèque 4


Et de quatre pour De Funès que l'on a laissé la semaine dernière sous l'uniforme du maréchal des logis Ludovic Cruchot, un de ses rôles les plus célèbres. Nous sommes à la fin des années 60 et le comédien a achevé la création du personnage qui fera sa renommée, le petit chef. C'est bien là que réside son génie, d'avoir créé un personnage comique d'un genre nouveau car jusque-là, les grands comiques de Chaplin à Jerry Lewis en passant par Buster Keaton, Harold Lloyd, les Marx Brothers, Laurel et Hardy, Tati ou Peter Sellers ont toujours joué des rôles de losers attendrissants, de gentils maladroits ou de coquins sympas. De Funès sera le premier personnage comique, cruel, lâche, hypocrite, obséquieux, colérique, tyran, radin, excessif et insupportable de l'histoire du cinéma, réunissant à lui tout seul tous les défauts de la terre, ce qui le rend irrésistible. "Je suis ignoble et ça fait rire", résumait le comédien lui-même. Bien sûr après lui, d'autres comédiens ont enfilé le même costume et son influence est indiscutable. Pierre Richard, Christian Clavier, Dany Boon, Benoît Poelvoorde, Jim Carrey, Roberto Benigni (et même François Hollande ou Nicolas Sarkozy) sont tombés dans la marmite funésienne quand ils étaient petits. Depuis toujours méprisé par les intellos et les critiques même si Godard et Truffaut l'avaient en grand estime, De Funès est à présent au sommet de sa gloire avec son entrée à la Cinémathèque. Vous pourrez également remonter les marches du triomphe (et dans l'estime du diabl@gueur) en répondant correctement à son questionnaire qui sera l'avant-dernier (promis, juré !) de la série. Et hop, c'est parti !

mardi 18 août 2020

Fufu à la Cinémathèque 3


Ce mois d'août funésien continue alors que la grande exposition du comédien bat son plein à la vénérable Cinémathèque de Paris. La semaine dernière, notre compteur diablogueux s'est arrêté à l'année 1966 et l'immense succès de La grande vadrouille. Désormais, De Funès est une star et peut commencer à mener sa carrière comme bon lui semble. C'est ce qu'explique très bien la 3ème partie du documentaire La folle aventure de Louis de Funès qui nous accompagne depuis le 4 août et que nous allons savourer comme une friandise d'été. Cette période faste pour notre Fufu national est sans doute traitée aussi dans le catalogue de l'expo que vous pourrez vous procurer (ici) pour la modique somme de 34,90 €. Voilà une solution de fortune pour ceux et celles qui n'auront pas l'occasion de voyager à Paris dans les prochains mois. Les autres verni(e)s se demanderont peut-être si la visite vaudra réellement la peine car qu'est-ce qu'on y trouve au juste dans cette exposition ? Comme une image vaut mieux que mille mots, réponse en vidéos pas plus tard que tout de suite.





mardi 11 août 2020

Fufu à la Cinémathèque 2


Non, ce n'est pas le titre de la dernière comédie à la mode en France mais ç'aurait pu et De Funès (himself) aurait bien voulu y jouer sans doute. Comme il a été dit dans le dernier billet, il s'agit de la grande exposition consacrée au génie comique français dans le temple de la cinéphilie. On s'est déjà penché sur l'enfance et la jeunesse pas toujours très roses de l'acteur et sur ses débuts difficiles dans le métier. La date clé de sa carrière fut sans doute 1963 et le film Pouic-Pouic, son 1er grand rôle et succès au cinéma. À partir de là, son ascension fut météorique puisque deux ans plus tard, il est sacré star du cinéma français alignant 5 gros succès dans les salles et réunissant plus de 34 millions de spectateurs seulement en France (il s'agit du Corniaud et des deux premiers volets du Gendarme et de Fantômas). Ce qui est assez extraordinaire, c'est que le succès fut également immédiat à l'étranger, par exemple, en Espagne, le box-office de ces 5 comédies dépassent les 10 millions d'entrées. Pour l'époque, c'est extraordinaire et c'est sans doute un cas unique dans l'histoire du cinéma. Surtout que Fufu casse la baraque un an plus tard avec La grande Vadrouille et ses 17.273.065 d'entrées seulement en France. Le box-office international du comédien pour cette période 1964-1967 est astronomique et incalculable car, seulement en URSS, six de ses films cumulent 220 millions de spectateurs. On notera que, hormis la France, la Russie est le pays où le comique a le plus de succès ce qui est fort curieux tant il représente souvent le prototype du français gaulliste et conservateur. En général, toute la partie orientale de notre continent succombera au charme de Fufu si bien que, à part le Pacte de Varsovie, il y eut aussi un pacte de Funès dans l'Europe communiste de l'époque. Ce ne sera pas un pacte que vous proposera le diabl@gueur mais un deuxième questionnaire pas piqué des hannetons sur cette période 1963-1967 avec la 2ème partie du documentaire La folle aventure de Louis de Funès à laquelle correspondent les deux volets suivants de la série Louis de Funès, Les grandes vadrouilles de sa vie, publiée dans Le Soir Magazine ("Louis de Funès, gendarme et commissaire" et "Le temps des records d'entrées"). À vous de jouer !



mardi 4 août 2020

Fufu à la Cinémathèque


Après plusieurs billets consacrés aux statues, revenons à un personnage qui mériterait bien la sienne de statue (même s'il y en a une dans le curieux Musée de la Gendarmerie et du Cinéma à Saint-Tropez mais c'est pas pareil) et qui devra se contenter pour l'instant d'une exposition à la très sérieuse Cinémathèque française. Dans la presse, tout le monde est d'accord pour dire que, si De Funès avait su qu'il y aurait son expo, ça l'aurait bien fait rigoler. Il aurait été aussi terriblement fier, on n'en doute pas. Dans un pays qui ne jure que par le cinéma d'auteur dit sérieux et qui méprise le cinéma populaire, Fufu à la Cinémathèque, c'est un événement. Ainsi après les réalisateurs Tim Burton, Jacques Demy et Stanley Kubrick, il est le premier acteur à avoir les honneurs d'une exposition dans le temple de la cinéphilie. Pour ceux qui ne seraient pas au courant, jetez un coup d'oeil sur le palmarès du Festival de Cannes ou des Césars ou à la programmation habituelle de la Cinémathèque et vous serez fixés sur les goûts et les préférences de l'intelligentsia du cinéma en France. Ce que pense le public, est une autre paire de manches et on l'a bien vu pendant le confinement où De Funès a battu tous les records d'audimat avec ses films vieux de 50 ans en moyenne. La presse se fait l'écho de l'événement évidemment. "Louis de Funès, un trésor national qui traverse les générations" titrait L'obs en mars dernier. Dans Le Point, on a lu un article intitulé "La revanche de Louis de Funès" le 9 juillet tandis que Libé publiait un autre papier au titre ingénieux "Louis de Funès, cas de farce majeur". Il y eut aussi un article sans aucun rapport dans Marianne sur la stratégie du président Macron pour la fin de son quinquennat mais le titre dudit article s'inspire clairement du comédien qui nous occupe aujourd'hui ("Hibernatus à l'Élysée"). L'acteur est sur tous les fronts et même les politiques l'adorent. Sarkozy, un de ses plus fins imitateurs, s'en est inspiré ("Je serai un Président comme Louis de Funès dans Le grand restaurant, servile avec les puissants, ignoble avec les faibles"). C'était une blague mais il a tenu parole quand même. Hollande quant à lui, cet autre comique de la politique, dira avec une pointe de jalousie et d'amertume: "Les Français ne support(ai)ent que deux personnages en uniforme, de Gaulle et Louis de Funès". Les prochains billets seront consacrés au grand comédien avec, comme fil conducteur, le documentaire inédit intitulé La folle aventure de Louis de Funès, diffusé sur FR3 en juin et une série publiée dans Le Soir Magazine intitulée Louis de Funès, les grandes vadrouilles de sa vie. Voici le générique du documentaire.